Mi-septembre 2026, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur n’est plus seulement sous le choc des paysages calcinés. Elle affronte désormais le coût économique et social d’un été extrême : incendies historiques dans le Var, sécheresse persistante, flambée des carburants et mobilisation des pêcheurs à Fos-sur-Mer.
L’été 2026 a été l’un des plus durs jamais enregistrés dans le Sud-Est. Canicules à répétition, températures dépassant régulièrement les 39 °C dans l’intérieur varois, et une sécheresse qui a transformé les massifs en poudrière. Le Var a payé le plus lourd tribut.
L’incendie du Gros Bessillon, parti le 21 juillet d’un champ à Pontevès, a parcouru environ 6 300 hectares et brûlé près de 5 700 hectares sur plusieurs communes (Pontevès, Correns, Cotignac,Carcès, Montfort-sur-Argens…). Près de 5 000 personnes ont dû être évacuées au plus fort de la crise. Des dizaines demaisons ont été détruites ou endommagées.
D’autres feux ont touché Taradeau-Les Arcs, Brignoles ou encore les collines près de Marseille. Au total, plusieurs milliers d’hectares de forêt et de garrigue ont disparu dans le département, dans un contexte national où près de 100 000 hectares ont brûlé en France cet été.
Les assureurs ont déjà recensé environ 25 000 sinistres pour près de 500 millions d’euros de dégâts dans le Sud. Les pompiers du Var et les renforts nationaux ont mené une lutte titanesque.
Mais le message des responsables du SDIS est désormais clair : « la lutte seule ne suffira plus ».
Face à des feux plus puissants, plus longs et plus proches des habitations, il faut des territoires résilients, un débroussaillement rigoureux et une meilleure « défendabilité » des maisons. Les maires des communes sinistrées appellent à des plans d’action concrets sur l’accès aux quartiers exposés et la gestion forestière. À cette crise climatique s’ajoute une crise du pouvoir d’achat et des coûts d’exploitation.
Mardi 15 septembre, des dizaines de pêcheurs ont bloqué dès 3 heures du matin le terminal pétrolier de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Ils dénoncent la hausse du prix du carburant, l’augmentation des coûts d’exploitation et le poids des réglementations européennes (notamment le règlement West Med qui restreint le chalutage).
Des banderoles « L’Europe nous tue » ont été déployées. Le blocage a été levé en milieu de matinée après l’intervention des CRS. Le mouvement s’est poursuivi le lendemain à Frontignan, dans l’Hérault.
Les professionnels de la pêche méditerranéenne affirment être « au bord de la faillite ». Ils réclament des aides rapides et un assouplissement des règles. La ministre de la Pêche, Catherine Chabaud, a annoncé qu’elle les recevrait. Cette mobilisation s’inscrit dans un climat plus large : artisans, agriculteurs et habitants du Moyen Pays subissent aussi de plein fouet le prix à la pompe, dans une région où se loger et se déplacer est déjà particulièrement coûteux.
L’agriculture régionale, déjà éprouvée par la sécheresse et les incendies, attend des aides nationales (plus d’un milliard d’euros annoncés à l’échelle du pays).
Les producteurs de fruits, légumes et fleurs des Alpes-Maritimes et du Var parlent de récoltes catastrophiques. Dans le même temps, les Journées européennes du patrimoine des 19 et 20 septembre et le tourisme de septembre, en nette hausse, rappellent que la région reste un pôle d’attractivité… à condition que le cadre de vie et les paysages tiennent.
Les prévisions météo n’apportent pas de répit immédiat. Après un début septembre encore chaud, un nouvel anticyclone pourrait ramener des températures de 30 °C voire davantage dans le Sud la semaine prochaine, alors que les sols restent secs.
Les experts alertent aussi sur un risque accru d’inondations à l’automne et à l’hiver : les forêts qui absorbaient l’eau ont disparu sur de grandes surfaces. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur se trouve donc à un tournant.
Reconstruction des massifs et des habitations, adaptation au changement climatique, soutien aux filières en difficulté (pêche, agriculture, artisanat) et débat sur le coût de l’énergie : ces sujets dominent l’agenda local alors que les sénatoriales du 27 septembre approchent.
L’été 2026 n’a pas seulement brûlé des hectares. Il a mis à nu la vulnérabilité d’un territoire à la fois magnifique et exposé.

![Visuel cooperaif 1 1000x200px[Ecomnews] v1](https://www.ecomnewsmed.com/app/uploads/sites/7/2026/04/Visuel-cooperaif-1_1000x200pxEcomnews-v1.jpg)










![Visuel cooperaif 1 300x600px[Ecomnews] v1](https://www.ecomnewsmed.com/app/uploads/sites/7/2026/04/Visuel-cooperaif-1_300x600pxEcomnews-v1.jpg)









![Visuel cooperaif 1 300x250px[Ecomnews] v1](https://www.ecomnewsmed.com/app/uploads/sites/7/2026/04/Visuel-cooperaif-1_300x250pxEcomnews-v1.jpg)








Réagissez à cet article