Le 22 octobre, la commune d'Aramon a célébré l'inauguration de la réhabilitation lourde de la résidence La Grave. Porté par le bailleur social Un toit pour tous, ce projet d'envergure d'un montant total de 3,1 millions d’euros métamorphose 52 logements construits dans les années 1960. Entre performances thermiques, sécurité renforcée et amélioration globale du cadre de vie, cette opération améliore le confort de vie des habitants du quartier. Reportage vidéo.
Un parcours de longue haleine et un chantier hors norme
Engagées initialement dès 2015, les études de réhabilitation ont dû surmonter de nombreux obstacles, à l’image d’une première consultation infructueuse en 2016 où les offres dépassaient de plus de 40 % les estimations, avant d’être suspendues face au contexte de la Réduction de Loyer de Solidarité (RLS). C’est finalement sous l’impulsion d’une nouvelle direction qu’une nouvelle maîtrise d’œuvre a été consultée en 2021 pour relancer le projet.
Olivier Lelièvre, chargé de mission à la direction du patrimoine d’Un toit pour tous, détaille la complexité technique de ce chantier d’envergure : « Nous avons travaillé sur plusieurs chapitres pour l’amélioration thermique, la sécurité des biens et des personnes et le confort de nos locataires. L’ensemble de ces travaux représente un investissement d’un peu plus de 3 millions d’euros, soit 60 000 euros par logement. »
Réalisés en milieu occupé — ce qui rend les interventions particulièrement délicates —, les travaux ont nécessité la coordination de dix corps d’état. Les équipes ont notamment dû faire face aux spécificités géographiques du site : « On a changé les menuiseries extérieures pour les économies d’énergie et améliorer ainsi le confort parce que nous sommes en plein couloir rhodanien. Ces menuiseries souffraient énormément avec le vent et les courants d’air », souligne Olivier Lelièvre.
Des interventions qualifiées de « fastidieuses et intrusives », dont le but ultime est de « pouvoir pérenniser, stabiliser une population sur la commune. »
Une transformation thermique et architecturale profonde
Soutenu par un plan de financement solide — composé à 76 % de prêts, 13 % de subventions (incluant 260 000 € de fonds FEDER), des certificats d’économies d’énergie (CEE) et 11 % de fonds propres —, le projet a permis d’isoler l’enveloppe extérieure des bâtiments, de rénover les toitures et combles, d’installer une ventilation basse pression et de moderniser les systèmes de chauffage. À l’intérieur, les parties communes ont été entièrement repeintes et sécurisées, tandis que des équipements sanitaires ont été remplacés dans 39 logements.
Une métamorphose saluée par la maire d’Aramon, Pascale Prat, qui a par le passé résidé dans cette même résidence au cours des années 1990 : « En visitant les appartements, je me suis rendu compte des évolutions du confort de vie amené à chaque résident, que ce soit au niveau thermique et phonique visuel. On ne se rend plus forcément compte de l’âge des bâtiments donc je trouve ça parfait. »
Pour accompagner cette rénovation, la municipalité a également cédé des parcelles de terrain afin de permettre au bailleur de créer des logettes dédiées aux ordures ménagères, sous contrôle d’accès, éliminant ainsi les nuisances olfactives et sonores.
Le logement social en première ligne face à la crise
Au-delà de la réussite technique d’Aramon, cette inauguration illustre la dynamique portée par le gestionnaire. Michel Cavaillon, directeur général délégué d’Un toit pour tous, rappelle l’ampleur des programmes menés à l’échelle régionale : « Nous avons un programme de réhabilitation très ambitieux sur les dix prochaines années qui s’élève à 200 millions d’euros, auquel il faut ajouter 250 millions d’investissement sur les logements nouveaux, ce qui fait un programme de 450 millions d’euros sur les dix prochaines années, dont 45 millions d’euros par an. »
Insistant sur le rôle contracyclique du logement social en période de crise immobilière, il rappelle que les loyers modérés pratiqués constituent un bouclier protecteur pour le pouvoir d’achat des ménages. Il émet toutefois une réserve quant aux équilibres financiers futurs, fortement indexés sur l’évolution du Livret A : « Le livret A va peut-être nous obliger, s’il augmente de façon trop importante, à baisser nos programmes. »

![Visuel cooperaif 1 1000x200px[Ecomnews] v1](https://www.ecomnewsmed.com/app/uploads/sites/7/2026/04/Visuel-cooperaif-1_1000x200pxEcomnews-v1.jpg)








![Visuel cooperaif 1 300x600px[Ecomnews] v1](https://www.ecomnewsmed.com/app/uploads/sites/7/2026/04/Visuel-cooperaif-1_300x600pxEcomnews-v1.jpg)






![Visuel cooperaif 1 300x250px[Ecomnews] v1](https://www.ecomnewsmed.com/app/uploads/sites/7/2026/04/Visuel-cooperaif-1_300x250pxEcomnews-v1.jpg)





Réagissez à cet article