La future ligne 2 du tramway niçois traversera la ville d’Est en Ouest. Sur les 11,3 km du tracé, 3,2 km seront souterrains. Ce lundi matin, à quelques pas du port, Christian Estrosi a baptisé le tunnelier qui entrera en action dès le mois de mars. C
Une bouteille de champagne éclate sur la gigantesque roue de coupe et voilà donc « Catherine » officiellement baptisée. Comme le veut la tradition, le tunnelier porte un prénom féminin. Le sien était tout trouvé ou presque.
A Nice, Catherine Ségurane est une figure historique très populaire (une tribune du stade Allianz Riviera porte son nom). En 1543, elle faisait courageusement face à l’invasion turque et française. C’était aussi, a rappelé le maire de la Ville, le pseudonyme de résistante de Lucie Aubrac.
Fabriqué en Allemagne, ce tunnelier avancera de 10 mètres par jour, en creusant et en bétonnant les parois tout à la fois. Il fonctionnera 24 heures sur 24, 6 jours sur 7. « Sans aucune nuisance sonore pour l’extérieur », a insisté Christian Estrosi.
« Les travaux souterrains dureront 11 mois, pas 5 ans ! 11 mois ! » L’option métro d’une partie de la ligne avait été très décriée. Le maire a à nouveau défendu son choix. « C’était une évidence pour réaliser une infrastructure performante sans mettre à mal l’économie et l’accessibilité du cœur de la ville.»
Autre argument mis en avant : cela évitera les accidents. Il y en a eu tout de même 4 mortels sur la ligne 1.
Quant aux boues dégagées par le tunnelier, elles seront extraites via des tuyaux et chargées jusqu’à des barges. Elles seront ensuite acheminées vers les collectivités qui les achèteront.
La ligne 2 permettra de parcourir la ville, du port, à l’Est, jusqu’à à l’aéroport (et ses 2 termnaux), à l’ouest, en 26 minutes. « C’est le moteur indispensable pour nos industrie tournée vers le tourisme. Toutes les grandes villes touristiques disposent aujourd’hui d’un réseau de transport très performant. »
Avec une capacité, à terme, de 140.000 passagers par jour, il permettrait d’éviter l’entrée quotidienne de 20.000 véhicules par jour (soit une baisse de 5,3% du trafic).
Coût total de l’opération, 770 millions d’euros dont 206,4 de subventions :
- Etat : 54 M€
- Département des Alpes-Maritimes : 50M€
- Ville de Nice : 50M€
- Région PACA : 35M€
- Europe : 3M€
- SACA (société Aéroports Côte d’Azur) : 11M€
- Caisse des Dépôts : 4,6M€ (via un appel à projet « Ville de Demain pour l’innovation »)
Les 500 millions restants seront assurés à part égales par la Banque Européenne d’Investissement et par la Caisse des Dépôts.
A terme, les 2 lignes de tramway desserviront 260.000 personnes et 85% des hôtels.

Classée en 2015, 4e Ville Intelligente au monde (« smart city ») derrière Barcelone, New York et Londres, et devant Singapour, Nice entend bien conserver son rang. Cette future ligne lui donne un nouvel argument.
Mise en service fin 2018, cette ligne sera ensuite prolongée dans l’Eco-Vallée jusqu’au stade Allianz Riviera et à la zone commerciale où s’implantera Ikea.

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