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Olivia Oreggia
8 février 2016 Dernière mise à jour le Lundi 8 Février 2016 à 09:02

Le dernier conseil municipal niçois a rendu public le rapport d’observations définitives de la Chambre Régionale des Comptes sur la gestion de la Ville entre 2006 et 2014. Celle-ci juge « préoccupante » la situation financière de la Ville de Nice. Le

 

« Alors que la commune de Nice aborde une période de forte réduction des dotations de l’État, sa situation financière est préoccupante. » Ainsi débute le rapport de la CRC sur la gestion de la 5e ville de France.

« L’épargne dégagée par la section de fonctionnement ne permet désormais plus de couvrir le remboursement de l’annuité en capital de la dette. » 

Sur 96 pages, la Chambre PACA étale ses motifs d’inquiétude. Et ses projections jusqu’en 2020 sont très pessimistes. 

La dette

La 1ère alerte concerne la dette. Celle-ci « a fortement progressé passant de 367 M€ fin 2007 à plus de 500 M€ fin 2014 ». C’est en 2014 qu’a commencé à « se manifester pleinement le coût de la réalisation et d’entretien du stade de l’Allianz Riviera » et où s’est amorcé « la diminution des dotations de l’Etat ». 

Pour la collectivité niçoise, c’est bien justement « la politique gouvernementale » et la baisse des dotations de l’Etat qui « pèse » sur ses comptes. Dans sa réponse écrite adressée à la CRC, la Ville affirme que sa « situation financière n’est pas préoccupante » et entend mener, « dans ce contexte défavorable », « une politique d’économies ambitieuse et des cessions foncières. »

Pour Christian Estrosi tous les éléments n’ont pas été pris en compte.

« La CRC ne tient pas compte de l’exercice 2015 où nous avons fait considérablement baisser l’endettement de la Ville et où nous avons soldé le dernier emprunt toxique », a expliqué l’édile à l’issue de la séance du conseil municipal.

« Le budget 2016 nous permet de dégager des marges d’autofinancement, de baisser la fiscalité. Et cette fois-ci sans plus aucun emprunt toxique. Il y en avait 8 lorsque j’ai pris les rênes de la Ville en 2008, nous venons de négocier le dernier. La baisse de la dette est donc de 10 millions d’euros. Par conséquent, nous sommes dans une situation plutôt enviable. »

Les ressources humaines

Au delà de la dette, l’institution de contrôle dénonce également « plusieurs irrégularités » dans la gestion des ressources humaines: absence de « système automatisé de contrôle du temps de travail » des agents auxquels sont payés les heures supplémentaires, « prime de vacances », « prime de départ en retraite », « congé libérable de deux mois avant la retraite » (qui permet au futur agent de s’organiser face à ce « changement de statut qui bouleverse tant sa vie que ses conditions de rémunérations »)… au total donc, « de nombreuses primes anciennes qui ne reposent sur aucun fondement légal ». La Ville s’engage à en supprimer la plupart.

L’Opéra

Egalement dans la ligne de mire de la CRC : la gestion de l’opéra. Avec un « budget annuel de 22M€ », « une centaine de représentations », « une fréquentation de l’ordre de « 55.000 spectateurs par an », cela représente « une charge lourde pour une contrepartie en termes de service rendu à la population assez modeste ».

La collectivité précise avoir placé la régie de l’opéra sous la responsabilité d’un directeur unique ayant pour « mission de réformer l’institution ».

La Gare du Sud

Enfin, pointé du doigt, l’aménagement des 2 hectares du quartier de la gare du Sud. Le projet initié dès 1998 par la municipalité Jacques Peyrat prévoyait la construction d’une nouvelle mairie.

Son successeur a abandonné ce projet pour ne garder que la construction de commerces, logements (notamment étudiants), parking, cinéma.L’ensemble sera achevé d’ici 2019.

Mais l’abandon de la première mouture a coûté 12 millions d’euros à la Ville ! Celle-ci rétorque que « le coût total de l’opération est de 116,4M€ dont seulement 16M€ financés par les deniers publics ». Rappelant au passage que le coût du projet de la précédente municipalité était de 245 millions d’euros. »

La Chambre Régionale des Comptes a émis 9 recommandations en conclusion de son rapport.

La Ville de Nice s’est engagé à en suivre une grande majorité et poursuivre sa politique d’économies. Pas question pour autant de réduire ses ambitions. Pour 2016, le niveau d’investissement prévu est de 76 millions d’euros.

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