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Côte d'Azur : Comment la situation économique devrait évoluer en 2022 ? Quels sont les risques ? Analyse
Par Sanya Maignal publié le 07 MARS 2022 à 09:32
Les chiffres régionaux de 2021 témoignent de la situation économique: L'industrie, les services et le BTP se portent plutôt bien ainsi que l’alimentaire, l’équipement de la maison et les services à la personne. Mais les Hôtels-cafés et restaurants n’ont pas rattrapé le niveau d’avant crise, tandis que l'emploi reste globalement stable. Analyse avec la Banque de France et la CCI Nice Côte d'Azur.

Après la grosse frayeur de 2020, aujourd'hui, on ne peut que se réjouir des chiffres régionaux concernant l’activité 2021 des trois secteurs majeurs : industrie, services et construction.

Le carton plein pour l'industrie, dynamique, qui est revenue sur son niveau d'avant la crise. Le même constat globalement pour les services marchands. En ce qui concerne la construction, c'est un petit peu plus mitigé vu que, malgré un bon rebond, elle n'a pas retrouvé son niveau de l’avant crise.

Les seuls secteurs qui inquiètent la région sont le tourisme, l'hôtellerie, les cafés et la restauration (HCR).

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Dans les Alpes-Maritimes, carton plein pour l’industrie mais les HCR sont en difficulté

En ce qui concerne le département des Alpes-Maritimes, si globalement le chiffre d'affaires marque une évolution 2020-2021 de 11%, il ne s'agit que de +1% par rapport à l'année 2019.

L'emploi reste stable par rapport à 2020 et en légère augmentation par rapport à 2019 avec + 1%. Pratiquement tous les bassins économiques maralpins marquent des résultats en forte progression entre + 2% et plus 4% sauf le bassin d'Antibes où le chiffre d’affaires global marque une légère baisse de 1%.

Si l’activité industrie a progressé en 2021 (+16 % par rapport à 2020 et +8 % par rapport à l'avant crise), la construction marque une hausse juste dans le bâtiment et le recul dans les travaux publics.

Le commerce se rattrape légèrement en 2021 par rapport à 2020 et un petit pourcent par rapport à l’avant crise.

Le tourisme et le HCR sont en difficulté même si on remarque une belle hausse entre 2020 et 2021 (+11%), les secteurs restent toujours dans le négatif par rapport à l'avant crise (-6 %).

Si l’emploi reste stable, les disparités par rapport à l’avant crise sont significatives : le commerce et l’industrie recrutent plus ( respectivement +4 % et +3%), tandis que les services et notamment les HCR perdent de l’emploi (-1,5%)

Dans les Alpes-Maritimes, près de 20.000 entreprises ont pu profiter du PGE

À l'heure où la moitié des entreprises régionales ont complètement remboursé leur PGE - ou, du moins, ont commencé à le rembourser - l'ensemble des acteurs économiques (Banque de France, acteurs publics, CCI, CMA, experts-comptables, banquiers, tribunal de commerce...) se mobilisent autour du tourisme et du HCR.

Ces secteurs présentent un niveau d'endettement et des difficultés financières qui n'ont pas eu de réserves sur les années passées et qui nécessiteront dans certains cas la restructuration ou des réaménagements de leurs dettes ou de leur fonds propres.

Près de 20 000 entreprises des Alpes-Maritimes ont pu profiter du PGE. Pour 60% d'entre-elles, le PGE n'a pas dépassé 50.000 €. Un tiers de ces entreprises rencontre encore des difficultés, il s'agit des petites entreprises ou encore des entreprises du secteur hôtellerie café restauration tourisme qui représente 55 % des entreprises qui ont eu recours au PGE.

Alors que certaines grandes entreprises ont soucri le PGE sans l'avoir consommé, ils l’ont mis en réserve de fonds de roulement de trésorerie, d’autres (29%) auront du mal à rembourser le prêt !.

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Les perspectives instables

Selon Christian DELHOMME, Directeur Départemental de la Banque de France, l’incertitude s’installe : après la pandémie il faut compter les hausse des prix qui devrait persister toute cette année. A cela s'ajoute la situation géopolitique de plus en plus compliquée ce qui peut avoir des conséquences sur différents secteurs ou entreprises en fonction de leur exposition vis-à-vis de la Russie.

« Avant on envisageait une sortie de crise sanitaire plutôt positive, le tissu économique azuréen n'a pas été détruit, explique Marc Morvany, Responsable du pôle études économiques à la CCI Nice Côte d’Azur. On s'attendait à une reprise assez rapide de l'activité mais la crise ukrainienne vient s'ajouter dans ce tableau avec un impact qui peut être très important notamment pour les entreprises liées à l'énergie ou dont l'activité est liée à l'énergie import-export et pour certaines matières premières.

» Il ne faut pas oublier que les touristes russes, à fort pouvoir d’achat, chérissaient en nombre la Côte d’Azur !

L'enjeu : confirmer les tendances positives

« L'enjeu 2022, est de confirmer les tendances positives de l'année 2021 sur le contexte sanitaire ce qui est essentiel pour le service marchand et le tourisme, explique Christian DELHOMME.

L'autre élément, qui concerne plus le secteur industriel, c'est la résorption des goulots d'étranglement qui restent élevés et qui s'accentuent pour certains encore.

Le troisième élément, ce sont les capacités de recrutement des différents secteurs».

Selon le Directeur Départemental de la Banque de France il est important que les chefs d'entreprise reprennent la confiance dans la situation globale, dans l'économie mais aussi que les consommateurs continuent d'être assez dynamiques. Ce sont justement les ménages, leur consommation, qui portent essentiellement la croissance.

« Les Français ont épargné voire sur-épargné pendant la crise. La sur-épargne s'élève à près de 70 milliards d'euros, on estime que 30 à 40 milliards devraient être dépensés cette année. Si on va au-delà c'est un facteur qui pourrait accentuer la croissance », conclut Christian DELHOMME.

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