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Toulouse : Comment Microtec a réussi à maintenir sa production et déplacer son centre de gravité dans le cadre de cette crise
Par Guillaume Bernard publié le 12 MAI 2020 à 09:11
Avec la crise du Covid-19 et l’arrêt des déplacements par avion, Airbus accuse le coup. Ses sous-traitants sont les premiers impactés. A Toulouse, Vincent Fayde président de Microtec, entreprise spécialisée dans l’électronique de haute sécurité nous explique comment il a pu maintenir sa production et envisage le futur. Interview Visionews.

Pouvez-vous présenter votre entreprise ?

Microtec est une entreprise de 110 salariés, créée il y a 45 ans. Reprise en 2009 par le groupe Agora Industrie. C’est une entreprise spécialisée dans l'électronique de haute sécurité.

40% de notre activité concerne le spatial, 20% l’aéronautique, 15% dans la défense et 10% l’automobile. Nous sommes aussi positionnés sur le secteur médical à hauteur de 5 à 10%. Enfin la conception représente 35% de notre activité.

Vous dîtes être parvenu à maintenir votre production pendant la période de confinement, pouvez-vous nous l'expliquer ?

Nous devons avant tout remercier nos collaborateurs de productions, qui ne pouvaient pas télétravailler et ont accepté de venir sur les lieux de travail. Nous avons donc pris les dispositions sanitaires nécessaire pour que cela se passe au mieux.

Le reste des équipes a basculé en télétravail en un jour et demi. Ce fut très rapide. Malgré cela on a quand même eu un cas avéré de Covid-19 ce qui nous a conduit à fermer 3 de nos 4 ateliers de production pendant 7 jours et 14 jours et à isoler les personnes ayant été en contact avec la personne malade pendant deux semaines.

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Pas de recours au chômage partiel ?

Si, on a du chômage partiel parce que certains de nos clients externes ne nous alimentent plus. C’est le cas d’Airbus ou encore de Thales par exemple, les commandes de production qu’ils nous confiaient se sont effondrées de manière très significative.

Le chômage partiel risque d’ailleurs de se creuser en mai, juin et juillet. On a vécu sur notre lancée en mars et avril mais le carnet de commande en production commence à être relativement vide, en particulier sur nos activités à court cycle.

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Etes vous impacté par l’arrêt de la production dans l’aéronautique et comment comptez-vous faire face à cette baisse de l’activité d’Airbus qui touche particulièrement sa sous-traitance ?

Effectivement, sur notre volet l’aéronautique, notre volume de production baisse d’au moins 50%. Nous n’avons pas de visibilité sur ce secteur et on craint que cela ne dure deux ans sinon trois.

Mais il n’y a pas qu’Airbus, on anticipe une baisse de 30 à 40 % de notre activité tournée vers l’automobile. Dans ce secteur on espère que la reprise sera plus rapide, on pense qu’elle aura peut-être lieu au 2e semestre de 2021.

Pour faire face à cela nous allons déplacer notre centre de gravité et tenter de développer nos offres en dehors de l’aéronautique et de l’automobile. On pense développer la défense, le spatial et surtout le médical.

On a fait le choix stratégique d'être sur plusieurs secteurs d’activité avec ce dénominateur commun qu’est la haute sécurité électronique, par conséquent, si nous atteignons nos objectifs, cela n'aura aucune conséquence sur nos effectifs.

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