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Fiona Urbain
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Friday, February 27, 2026 At 9:10 AM

En Auvergne-Rhône-Alpes, la sécheresse de 2025 a marqué les esprits et les paysages, laissant derrière elle des solutions asséchés, des récoltes réduites à néant et des habitations fissurées. Pourtant, malgré l’ampleur des dégâts, seulement 10 % des demandes de reconnaissance en catastrophe naturelle (CatNat) ont été acceptées, plongeant des milliers de foyers dans une situation d’incertitude et de précarité.

Un été historique, des conséquences dramatiques

L’année 2025 a été marquée par des records climatiques en Auvergne-Rhône-Alpes :

  • Un printemps exceptionnellement sec, préparant le terrain pour une saison estivale difficile.
  • Le 3 été le plus chaud depuis 1900, avec 27 jours de canicule, qui a accentué l’assèchement des sols.
  • Un pic de restrictions d’eau touchant l’ensemble des 8 départements de la région début septembre.
  • 180 communes ont déposé des demandes de reconnaissance en CatNat pour sécheresse, mais seules 19 ont été retenues, selon les données de CoCREATA.

Les étiages sévères ont touché 134 stations hydrométriques en rupture fin août, tandis que 1,2 million de maisons étaient exposées au risque de retrait-gonflement des argiles (RGA), un phénomène qui provoque des fissures structurelles dans les bâtiments.

Des sinistrés laissés sans recours

Malgré la gravité de la situation, 90 % des demandes de reconnaissance en CatNat ont été rejetées. « Les critères actuels ne reflètent pas la réalité du terrain. Nous avons des clients dont les maisons sont devenues inhabitables, mais qui ne peuvent bénéficier d’aucune indemnisation parce que leur commune n’a pas été reconnue », explique Julie Fullana, de CoCREATA, une entreprise spécialisée dans la reconstruction post-sinistre.

Les litiges climatiques ont explosé, multipliés par 5 entre 2023 et 2024 selon l’UFC-Que Choisir. « Les assurances refusent de couvrir les dégâts en l’absence de décret officiel, laissant les propriétaires face à des frais de réparation exorbitants », ajoute-t-elle.

En Auvergne-Rhône-Alpes, seulement 19 communes sur les 180 ayant fait une demande ont obtenu une reconnaissance en CatNat, un taux beaucoup plus bas que la moyenne nationale (5 %). « C’est une double peine pour les sinistrés : ils subissent les conséquences de la sécheresse et se retrouvent sans soutien financier », dénonce un élu local.

Des solutions urgentes pour 2026

Face à cette crise, plusieurs pistes sont envisagées pour améliorer la prise en charge des sinistrés en Auvergne-Rhône-Alpes :

  1. Réviser les critères de reconnaissance des CatNat pour les adapter aux réalités climatiques actuelles, notamment en intégrant des données scientifiques locales.
  2. Simplifier et accélérer les procédures administratives pour éviter que les victimes n’attendent des mois avant d’obtenir une réponse.
  3. Créer un fonds régional d’urgence pour indemniser les sinistrés même en l’absence de reconnaissance officielle.
  4. Renforcer la collaboration entre les communes pour déposer des demandes groupées, augmentant ainsi les chances d’obtenir gain de cause.

« La sécheresse n’est plus un phénomène exceptionnel, mais une réalité récurrente. Il est temps d’adapter nos outils pour protéger nos concitoyens », insiste un expert en gestion des risques climatiques.

Un appel à la mobilisation

Pour CoCREATA, spécialiste de la reconstruction post-sinistre, cette situation souligne l’urgence d’une meilleure prise en compte des risques climatiques dans les politiques publiques. « Nous accompagnons les familles pour les aider à se relever, mais il est crucial que les pouvoirs publics agissent en amont pour prévenir ces crises », conclut Julie Fullana.

En Auvergne-Rhône-Alpes, où les paysages montagneux et les vallées fertiles sont menacés par les changements climatiques, l’enjeu est de taille. « Nous devons anticiper et nous adapter, sinon, les prochaines sécheresses seront encore plus dévastatrices », alerte un climatologue régional.