Plus que prometteuse au regard de l’engouement croissant du grand public, la filière du CBD vient d’être potentiellement condamnée par un arrêté gouvernemental paru vendredi 31 décembre 2021 au Journal Officiel, interdisant la commercialisation des fleurs et des feuilles brutes de CBD, ou cannabidiol. Des milliers de commerces devraient être impactés par cette décision.
La filière CBD est en pleine expansion, qu’il s’agisse de boutiques physiques ou de vente en ligne, plusieurs centaines de millions de chiffre d’affaires et plusieurs milliers d’emplois en France : le nombre de boutiques diffusant des produits à base de CBD est ainsi estimé aujourd’hui à 1 800 contre 400 environ il y a moins d’un an.
Pour rappel, le cannabidiol ou CBD est un des nombreux cannabinoïdes retrouvés dans les fleurs du cannabis. Médicalement, il est utilisé pour traiter les convulsions, l’inflammation, l’anxiété et les nausées, ainsi que pour inhiber la croissance des cellules cancéreuses. Il possède également un fort potentiel médical dans le soulagement des symptômes de la dystonie et dans le traitement de l’épilepsie, de la schizophrénie, de la phobie sociale, et des troubles du spectre autistique.
Cet arrêté révise un texte de 1990 et fait suite à un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de novembre 2020. Ce dernier avait alors rejeté l’interdiction de ce « chanvre bien-être » en France, en estimant que le cannabidiol n’était ni un stupéfiant, ni un médicament, et était par conséquent une marchandise pouvant circuler librement et dont on ne pouvait interdire la vente si elle est produite légalement dans un Etat membre de l’Union Européenne.
Au-delà des menaces qui pèsent sur la survie de ces boutiques – la fleur de CBD représente jusqu’à 80% des ventes en magasin -, c’est également un stop brutal qui est porté au développement d’une véritable culture du chanvre bien-être en France.
Cet arrêté vient donc condamner la création de surfaces cultivables biologiques à grande échelle, susceptibles de générer là encore des milliers d’emplois et de faciliter l’installation de nouveaux exploitants alors que l’agriculture française rencontre de grandes difficultés. Pourtant, et comme le souligne Mao Aoust, fondateur de High Society, « il y a une appétence monstrueuse pour le CBD, c’est un secteur qui intéresse énormément de monde, des financiers, des entrepreneurs… ».
Une forte implantation dans les principales villes françaises
Afin de donner un éclairage particulier à l’essor du CBD en France, l’agence spécialisée en data Flashs a établi pour High Society le classement des 20 plus grandes villes de France pour l’implantation de boutiques physiques vendant des produits à base de cannabidiol.
Le recensement ainsi effectué montre la forte présence de telles enseignes au sein de ces communes : à elle seule, Paris compte 143 boutiques dédiées, Bordeaux occupe la première place du palmarès en termes de ratio par habitant avec 25 magasins pour 257 068 habitants, Toulon et Grenoble complétant le podium.
Source : High Society

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