Ce jeudi 15 octobre 2026, le Forum National des Associations et Fondations (FNAF) a tenu sa 20ᵉ édition au CENTQUATRE-PARIS. Rendez-vous incontournable du secteur associatif, de la philanthropie et de l’économie sociale et solidaire (ESS), l’événement a rassemblé environ 5 000 participants, 220 intervenants, 130 exposants et près de 90 conférences et ateliers. Organisé par EBRA Events, il coïncidait avec les 125 ans de la loi de 1901 et s’est déroulé sous l’ambition « Agir ensemble, influer durablement, transformer profondément ». Reportage vidéo.
Un salon pour valoriser, former et influencer
Le FNAF n’est pas un simple salon d’exposition. Depuis deux décennies, il constitue la principale tribune annuelle du monde associatif français. Il permet aux dirigeants d’associations, responsables de fondations, élus, mécènes, entreprises et acteurs de l’ESS de se rencontrer, d’échanger des bonnes pratiques et de construire des alliances.
Cette édition anniversaire, installée dans un lieu symbolique de création et de collectif, a mis l’accent sur des thématiques concrètes : coopérations et dynamiques collectives, durabilité et mesure d’impact, nouvelles formes d’engagement, gouvernance, modèles économiques, numérique et intelligence artificielle, ou encore vitalité démocratique.
Des temps forts comme le Grand Dialogue des Associations et Fondations ou des ateliers opérationnels ont permis de passer de la réflexion à l’action.
L’utilité de ce salon pour valoriser les associations est double.
D’abord, il offre une visibilité et un espace de networking rare : stands, rencontres informelles et parcours thématiques permettent aux structures, y compris les plus petites, de présenter leurs actions, de développer des partenariats et de gagner en légitimité auprès des financeurs et des pouvoirs publics. Ensuite, il sert de caisse de résonance.
Dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires fortes, des liquidations en hausse et des débats sur les libertés associatives, le FNAF donne aux acteurs les moyens de porter collectivement leur voix, notamment à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. La présence de Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, ainsi que d’intervenants de haut niveau (Fondation de France, ESS France, etc.), a renforcé cette dimension d’influence.
Le poids réel des associations en France
Derrière cet événement se trouve un secteur d’une ampleur souvent sous-estimée. La France compte environ 1,5 à 1,6 million d’associations actives. Elles emploient entre 1,8 et 1,9 million de salariés (soit près de 9 % de l’emploi privé), pour une masse salariale de l’ordre de 51 milliards d’euros. Côté engagement, un Français sur quatre est bénévole dans une association, soit entre 13 et 13,5 millions de personnes en 2026, dont une majorité donne de son temps régulièrement. Certaines estimations élargies évoquent jusqu’à 20 millions de personnes impliquées à divers degrés. Le secteur contribuerait à hauteur d’environ 3,5 % du PIB.
Ces chiffres traduisent un rôle social et économique majeur : culture, sport, éducation, action sociale, solidarité internationale, environnement ou lien social de proximité. Les associations constituent souvent le dernier maillon qui tient dans les territoires, particulièrement face à la hausse des besoins (pauvreté, isolement, inégalités).
Un secteur vital mais sous tension
Pourtant, le FNAF 2026 s’est ouvert dans un contexte difficile. Les liquidations judiciaires d’associations ont quasiment doublé en 2025 par rapport à 2024. Plus de 12 000 emplois ont été perdus la même année selon ESS France. En 2026, près de 59 % des dirigeants d’associations employeuses jugent leur situation financière difficile ou très difficile. Les baisses de subventions, la transformation des financements publics et les pressions sur les modèles économiques fragilisent des structures essentielles, alors même que les besoins sociaux augmentent.
Des voix comme celles d’Axelle Davezac (Fondation de France) ou de Benoît Hamon (ESS France) ont rappelé que l’argent n’est souvent que le symptôme d’une reconnaissance insuffisante du modèle non lucratif. La ministre Marina Ferrari a quant à elle réaffirmé son soutien, soulignant que « sans les associations, des pans entiers de notre société ne tiendraient pas ».
En rassemblant l’écosystème pendant une journée dense au Centquatre, le FNAF joue précisément ce rôle de valorisation et de plaidoyer. Il rappelle que les associations ne sont pas un coût, mais un investissement dans la cohésion, l’innovation sociale et la vitalité démocratique.
Pour un secteur qui représente une part aussi significative de l’emploi, de l’engagement citoyen et de l’intérêt général, disposer d’un tel rendez-vous annuel est indispensable. Les 20 ans du FNAF ont ainsi servi à la fois de célébration et d’appel à mieux reconnaître et soutenir celles et ceux qui font vivre, au quotidien, le lien social français.

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