Le Crédit Agricole du Languedoc a posé ce 5 février la première pierre de son futur siège social dans le quartier Cambacérès à Montpellier. Après 55 ans passés à Maurin, la banque mutualiste investit dans un campus de 25 500 m² qui regroupera 800 collaborateurs et un hub d'innovation. Livraison prévue début 2029 pour un projet architectural signé DREAM, qui affiche des ambitions environnementales et territoriales fortes. Reportage vidéo exclusif.
Le Crédit Agricole du Languedoc a posé la première pierre de son futur campus qui marque le début d’un chantier de trois ans, mais surtout l’engagement d’un acteur économique majeur du territoire.
« C’est un geste symbolique qui marque le passage de l’idée à la réalité. Mais surtout, cela montre quelque chose d’essentiel : notre confiance dans l’avenir » , a déclaré Daniel Connart, président du Crédit Agricole Languedoc.
Un déménagement stratégique après 55 ans à Maurin
Le choix de quitter le siège de Maurin pour le nouveau quartier de Cambacérès ne doit rien au hasard. Après plus d’un demi-siècle dans l’actuel siège, la banque régionale fait le pari de la centralité et de la visibilité.
Le directeur général Richard Laborie insiste sur la dimension territoriale du projet. « C’est notre ADN de mêler notre avenir, notre développement à celui de notre ville, à celui de notre territoire », affirme-t-il.
Un campus de 25 500 m² tourné vers l’innovation
Le projet va bien au-delà d’un simple siège social. Sur les 25 500 m² du campus, 12 700 m² seront dédiés aux bureaux du Crédit Agricole qui regroupera environ 800 collaborateurs actuellement répartis sur les sites de Maurin et du CA Center. Le reste de l’espace accueillera le Village by CA Languedoc, accélérateur de start-up, ainsi qu’un hub d’innovation ouvert.
Ce hub sera dédié aux entreprises innovantes autour de thématiques clés : énergies renouvelables, numérique, santé et transitions.
« Nous voulons faire un hub de tous les métiers, mais aussi rassembler nos forces puisque nous avons trois sites sur Montpellier. Nous allons tous les regrouper au cœur de Cambacérès », explique Daniel Connart.
Richard Laborie souligne la transformation qu’apportera ce regroupement pour les 800 collaborateurs de la banque : « Cela va vraiment changer le travail de nos équipes qui sont un peu dispersées aujourd’hui. Nous allons favoriser de nouvelles façons de travailler et de vivre ensemble, beaucoup plus adaptées à ce que demande le monde moderne ».
Cambacérès, le quartier de l’innovation
L’implantation dans le quartier Cambacérès n’est pas anodine. Aménagé par Altémed pour le compte de la Ville et de la Métropole de Montpellier, ce quartier de 42 hectares situé à proximité immédiate de la gare TGV Sud de France a vocation à devenir le quartier de l’innovation et des transitions de la Métropole.
Il doit accueillir start-up, PME, ETI, acteurs du numérique, de la data, de l’intelligence artificielle et de la santé numérique. Le choix de cette localisation répond à plusieurs critères stratégiques, comme l’explique Richard Laborie.
« Nous voulons nous projeter à 50 ans dans des zones où les collaborateurs et les clients auront la possibilité de venir en transport en commun ou à vélo. C’était capital parce que nous voyons bien qu’avec le transport en voiture, nous touchons des limites », précise-t-il.
Une architecture signée DREAM, inspirée de l’arrière-pays
À l’issue d’un concours d’architecture international, le projet a été confié au cabinet DREAM, fondé par Dimitri Roussel. L’ensemble immobilier se veut un signal urbain fort à l’entrée de la ville, avec une architecture contemporaine et ouverte.
L’architecte a puisé son inspiration dans les paysages de l’arrière-pays languedocien. « Ce projet singulier, issu du programme des Folies architecturales de Montpellier est une métaphore de la nature. Inspiré par ses formes, il raconte un voyage au cœur de l’arrière-pays cévenol avec une enveloppe minérale qui abrite un vaste cœur d’îlot végétalisé », détaille Dimitri Roussel.
« C’est une ode au mouvement. Aujourd’hui, avec le digital, nous travaillons complètement différemment, nous avons voulu créer une architecture qui n’enferme pas, mais bien au contraire qui s’ouvre sur nos valeurs », ajoute l’architecte.
Pour le maire de Montpellier et président de la Métropole Michaël Delafosse, ce projet s’inscrit dans la continuité de l’identité architecturale de la ville.
« Ce bâtiment, il représente le XXIᵉ siècle en prenant conscience des enjeux écologiques, avec le bois et la pierre. Dans 50 ans, ce siège sera le patrimoine qu’il faudra défendre », a-t-il déclaré.
Des ambitions environnementales affirmées
Le projet affiche des objectifs environnementaux ambitieux. Il a été labellisé Bâtiments Durables d’Occitanie (BDO) Or avec une note exceptionnelle de 91 sur 100 en phase conception. La construction privilégie des matériaux locaux et biosourcés : paille, pierre de Beaulieu, bois des Cévennes.
Le bâtiment visera également le label Biodivercity pour le respect de l’environnement, ainsi que le label IntAIrieur, deux fois plus exigeant que la norme française pour la qualité de l’air intérieur. Le projet intègre aussi du réemploi dans la construction et l’aménagement pour limiter l’impact carbone.
Dimitri Roussel insiste sur cette dimension. «Ce projet traduit notre conviction qu’un bâtiment tertiaire peut être à la fois emblématique et frugal. Sa conception s’appuie sur une écriture attentive aux usages et des modes constructifs durables et bas carbone ».
Un projet ancré dans l’économie locale
Fidèle à son ancrage territorial, le Crédit Agricole du Languedoc a confié la majorité des travaux à des entreprises implantées en Languedoc. Ce choix s’inscrit dans un engagement en faveur du maintien de l’emploi, du savoir-faire régional et du développement économique du territoire.
Plus de 150 acteurs du territoire ont été associés à la conception du projet. Au sein de la Caisse régionale, 70 collaborateurs ambassadeurs ont contribué aux réflexions sur les usages, les modes de travail et l’intégration dans l’écosystème local.
Richard Laborie y voit un message fort. « Nous faisons un double choix, le choix de durer ici, d’investir et de croire dans le territoire. Nous pensons qu’il n’y a rien de mieux que de vivre, travailler ici et le montrer au travers de cet immeuble ».
Le chantier, qui vient de démarrer avec cette pose de première pierre, devrait s’achever début 2029. Le Crédit Agricole du Languedoc, qui accompagne plus d’un million de clients dont 450 000 sociétaires sur quatre départements (Aude, Gard, Hérault, Lozère), inscrit ainsi durablement son siège dans le paysage économique et urbain de la métropole montpelliéraine.




























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