Ce vendredi 9 janvier, des dizaines d’agriculteurs ont bloqué les routes du centre-ville de Montpellier notamment au pied de l’Arc de Triomphe et devant la Préfecture de l’Hérault. Une mobilisation menée dans le calme, mais avec des revendications fortes. Reportage vidéo
Bottes de foin, mottes de terre et tracteurs, des dizaines d’agriculteurs de la FNSEA et des «Jeunes Agriculteurs » se sont rendus ce vendredi 9 janvier dans le centre-ville de Montpellier afin de faire valoir leurs revendications.
Après avoir bloqué les routes menant à l’Arc de Triomphe, ils se sont ensuite rassemblés devant la préfecture. Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault, a tenu à les recevoir et s’est engagée à relayer leur message.
« Nous faisons une manifestation pacifiste. On s’est posé devant la préfecture, on a rencontré la nouvelle préfète. Le contexte économique, actuellement, est très dur pour l’agriculture. Et l’agriculture n’est pas prise en compte. […] On ne se sent pas entendus. Il y a beaucoup d’annonces mais peu d’actes concrets », explique Cédric Saur, vigneron et secrétaire général de la FDSEA de l’Hérault.
Quelles sont leurs revendications ?
Les agriculteurs protestent contre leurs conditions de travail jugées de plus en plus difficiles. En cause : l’excès de normes administratives, des revenus insuffisants et le vote de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur.
Ce vendredi 9 janvier marquait en effet le jour du vote de cet accord, largement approuvé par les 27 pays membres de l’Union européenne, malgré l’opposition de la France.
Selon les représentants agricoles, si le Mercosur ne pose pas de problème majeur pour le vin, il inquiète fortement les filières du lait et de la viande. Ils dénoncent une concurrence jugée déloyale, avec des produits importés ne respectant pas les mêmes normes environnementales et sanitaires que celles imposées aux agriculteurs français. « N’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas », résume Cédric Saur.
Un goût de déjà vu
Début 2024, une vaste crise agricole avait paralysé le pays et conduit l’État à promettre des avancées importantes. Deux ans plus tard, les agriculteurs dénoncent un manque d’actions concrètes, pointant notamment l’alourdissement continu des démarches administratives.
Sur le terrain, la mobilisation pourrait s’inscrire dans la durée tant que leurs revendications ne seront pas réellement prises en compte.
Face à des normes jugées excessives et à des revenus dérisoires, le nombre d’exploitations agricoles continue de chuter. La France compte aujourd’hui moins de 350 000 exploitations, une situation qui, selon les agriculteurs, menace directement la souveraineté alimentaire du pays.




























Réagissez à cet article