À moins de 10 jours du premier tour des municipales, les français ont des choses à dire sur leur maire. Pas forcément sur les candidats, ni sur les programmes — mais sur son rôle lui-même. Qu'est-ce qu'un bon maire ? À quoi sert-il vraiment ? Lui fait-on confiance ? Ecomnews posé la question dans les rues de différentes villes dont Montpellier. Les réponses dessinent un portrait en clair-obscur : une fonction reconnue, aimée même, mais dont les contours restent flous pour beaucoup. Découvrez notre micro-trottoir ! Reportage vidéo.
« Gérer la ville » : une mission qui paraît simple, mais ne l’est pas
Premier constat : quand on demande à quoi sert un maire, la réponse fuse, presque instinctive. « À prendre soin de la ville », lance Josée. « À faire en sorte que tout fonctionne bien, que la population soit en sécurité, qu’il y ait des animations culturelles, du commerce », complète Stéphane. La liste est connue : sécurité, culture, loisirs, éducation, santé, commerce. Le maire, dans l’imaginaire collectif, est un gestionnaire du quotidien.
Mais dès que l’on creuse, la réponse se complexifie. « Un maire, ça sert à beaucoup de choses, en dépit de ses pouvoirs extrêmement limités par rapport à la communauté d’agglomération, par rapport aux millefeuilles », nuance Régis, qui dit suivre de près les affaires locales. Il pointe du doigt une réalité que beaucoup d’élus connaissent bien : le maire est souvent tenu responsable de tout, alors qu’une grande partie des compétences a migré vers des échelons supérieurs — Métropole, Département, Région. « Soit vous donnez le pouvoir aux municipalités, soit vous le donnez aux communautés d’agglomération. En fait, le maire, il sert à naviguer entre les structures au-dessus. »
La proximité, valeur cardinale
Ce qui revient le plus souvent dans les témoignages, c’est la notion de proximité. « C’est la vie au quotidien, c’est finalement celui qui nous est le plus proche », résume Anne.
Cette proximité attendue est autant géographique qu’humaine. Un bon maire, pour les Montpelliérains interrogés, ne doit pas se contenter des inaugurations et des grandes occasions. « Un bon maire, c’est quelqu’un qui sort pas uniquement les jours de fête ou quand il peut être vu. Il doit être disponible. » La formule, directe, résume bien l’attente : une présence réelle, pas une présence de façade.
Égalité d’accès et qualité de vie : les priorités des habitants
Au-delà de la sécurité — citée spontanément par plusieurs personnes —, les Montpelliérains mettent en avant des enjeux d’accès et d’égalité. « Un maire qui donne accès à des loisirs et à la culture, que ça ne coûte pas trop cher aux habitants » : cette attente, formulée avec simplicité, touche à quelque chose de concret dans une ville universitaire et populaire comme Montpellier, où la question du coût de la vie reste centrale.
L’idée d’une ville « festive », ouverte, attractive, revient également notamment dans la bouche des plus jeunes. Le maire n’est pas seulement un administrateur : il est aussi, aux yeux des habitants, un ambassadeur, quelqu’un qui doit faire vivre la cité.
Des élections jugées importantes… pour ceux qui y pensent
L’enjeu électoral n’échappe pas à nos interlocuteurs. « Ce sont des élections vraiment importantes parce qu’on est confrontés tous les jours à la politique du maire », souligne Régis, qui appelle à s’informer sur les programmes. Parmi les personnes rencontrées, l’une se présente elle-même sur une liste aux municipales : « Je suis convaincu du bien-fondé et de la nécessité de voter pour un maire. »
Mais il y a aussi une ironie sur la manière dont beaucoup de citoyens se rappellent à l’existence de leur édile. « Les gens savent à quoi sert le maire, mais surtout comment le trouver quand les choses ne vont pas, quand ils ne sont pas contents », observe Stéphane . Une façon de dire que le lien entre l’élu et l’habitant se noue souvent dans la plainte autant que dans la confiance.
La figure du maire reste populaire, incarnée, humaine. Mais entre l’idéal d’un élu disponible et ancré dans son territoire, et la réalité d’une fonction enserrée dans le millefeuille territorial, il y a un écart que les candidats, eux, devront assumer.































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