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Fiona Urbain
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Vendredi 17 Avril 2026 à 17:19

La récente restauration du pavillon astronomique est l'occasion de redécouvrir un joyau au cœur de la ville : le Jardin des plantes de Montpellier. Plus ancien jardin botanique de France, ce havre de paix de plus de quatre siècles n'est pas qu'un simple parc d'agrément. Entre conservation d'espèces menacées, pédagogie médicale et rayonnement international, plongée dans les coulisses d'une institution universitaire plus vivante que jamais. Reportage vidéo exclusif.

« L’Université, aujourd’hui, se distingue par ses classements internationaux, ses formations très professionnalisantes et une recherche de pointe. Mais elle a aussi un passé. Il est important de montrer qu’elle s’inscrit dans un territoire, qu’elle s’est construite progressivement au fil du temps. Cette réhabilitation concerne le pavillon astronomique datant de la fin du XIXᵉ siècle — un témoignage vivant que cette université est fière de ses racines et qu’elle continue, aujourd’hui encore, de les assumer pleinement. » a expliqué Philippe Augé, Président de l’Université de Montpellier à l’occasion de l’inauguration du pavillon astronomique restauré du Jardin des Plantes de Montpellier.

Financée à hauteur de 122 000 € sur les fonds propres de l’Université, cette restauration s’ajoute à celles de la Serre Martins, de l’Orangerie, du Monument Rabelais et, plus récemment, du Portail Sud. 

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Pour les Montpelliérains, c’est avant tout « un lieu de promenade, un lieu de rêverie, un lieu de rencontre », résume Isabelle Laffont, doyenne de la Faculté de médecine. Un parc en plein centre-ville où l’on vient chercher la fraîcheur, s’isoler avec un livre ou admirer la floraison spectaculaire des arbres au printemps.

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Pourtant, derrière ses allées ombragées, ses bosquets mystérieux et ses serres historiques, le Jardin des plantes cache une mécanique scientifique rigoureuse. Rattaché depuis sa création à la Faculté de médecine, ce site fondé sous Henri IV par le médecin Pierre Richer de Belleval reste un outil de recherche et d’enseignement de premier plan pour l’Université de Montpellier (UM).

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Un pan d’histoire mondiale de la botanique

Se promener dans le Jardin des Plantes, c’est arpenter un livre d’histoire de la science à ciel ouvert. Dès ses origines, le jardin a vocation à enseigner les « simples » – les plantes médicinales – aux futurs médecins. Mais son impact va bien au-delà de la pharmacopée locale.

C’est ici, entre ces murs, qu’a été pensée la botanique moderne. « Pierre Magnol, faisant fonction d’intendant du jardin, va inventer le concept de famille de plantes », rappelle avec fierté John De Vos, l’actuel directeur du jardin. Une révolution dans la classification du vivant qui vaudra à ce botaniste montpelliérain une reconnaissance éternelle : la fleur de Magnolia a été baptisée en son honneur.

Aujourd’hui, le site abrite des arbres remarquables, témoins de cette longue histoire, à l’image du Filaire ou de l’Arbre de Judée, plantés il y a 400 ans sur la « Montagne », un monticule artificiel créé pour offrir aux plantes des versants ombragés et ensoleillés.

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Conservation, recherche et préservation de la biodiversité mondiale

Loin d’être figé dans le passé, le jardin joue aujourd’hui un rôle crucial dans la préservation de la biodiversité mondiale. Il abrite par exemple des cyprès du Tassili. « Ce sont des cyprès qui, avec le changement climatique, sont en train de mourir au centre du Sahara. Ceux que nous avons ici sont des reliques d’une espèce en voie d’extinction », souligne John De Vos.

Pour faire vivre ces collections, une dizaine de jardiniers s’activent au quotidien, épaulés par un botaniste et une professionnelle aux fonctions méconnues : la grainetière. Son rôle est d’une importance capitale pour le rayonnement international de Montpellier. Elle récolte les graines du jardin et des milieux sauvages d’Occitanie pour éditer un catalogue. Ces graines ne sont pas vendues, mais échangées avec d’autres jardins botaniques à travers le monde.

L’objectif : Créer un réseau mondial de conservation, permettant à Montpellier d’importer des essences rares tout en diffusant son patrimoine végétal sur tous les continents.

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Une rénovation permanente

L’attractivité du site passe aussi par la préservation de son architecture singulière, façonnée par l’ajout successif de parcelles au fil des siècles. « On n’est pas dans un jardin à la française où tout est visible depuis un point de vue », explique Pierre-Jean Trabon, Architecte en chef des Monuments historiques. « Volontairement, on a des masses boisées qui permettent, comme dans un jardin à l’anglaise, d’avoir des phénomènes de surprise. »

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Pour maintenir cette magie et sécuriser ce patrimoine, l’Université de Montpellier a engagé depuis 2010 une vaste campagne de restaurations avec le soutien de l’Etat, des collectivités territoriales, mais aussi de la fondation d’entreprises du jardin :

  1. La Serre Martins : Réhabilitée pour abriter les collections de cactus et plantes arides.
  2. L’Orangerie : Qui protège les plantes gélives l’hiver et accueille des expositions d’art comme les Boutographies l’été.
  3. Le portail Sud et la statue de Rabelais : Une restauration symbolique pour rouvrir le jardin sur la ville et la promenade du Peyrou.
  4. Le pavillon astronomique : 122 000 € financés par l’UM. Il rappelle l’âge d’or de l’observation spatiale montpelliéraine.
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La prochaine étape majeure, prévue d’ici trois à quatre ans, sera la restauration de l’Intendance historique. Un projet ambitieux qui dotera le jardin de nouveaux espaces dédiés à la médiation scientifique, notamment pour le jeune public.

« L’idée est de montrer que l’université s’est construite progressivement dans un territoire », conclut Philippe Augé, président de l’UM. En finançant la renaissance de ce poumon vert, l’Université ne se contente pas de préserver des vieilles pierres ou des arbres centenaires ; elle entretient un formidable outil de rayonnement culturel, scientifique et touristique pour toute la métropole occitane. “Cette Université vit toujours et elle est fière de ses racines !

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