Réunis au Palais des Festivals de Cannes, plus de 1 000 acteurs internationaux de l’innovation ont participé au 43e congrès mondial de l’International Association of Science Parks and Areas of Innovation (IASP). Un rendez-vous stratégique pour la visibilité de Sophia Antipolis, qui entend renforcer les coopérations internationales et placer l’intelligence artificielle au service du développement économique et humain. Reportage vidéo.
International Association of Science Parks and Areas of Innovation (IASP) fédère près de 400 membres à travers le monde, des parcs scientifiques et technologiques aux zones d’innovation et aux entreprises axées sur la connaissance. Son ambition, explique sa directrice générale, Ebba Lund, est de favoriser un développement économique durable en rapprochant les acteurs de l’innovation au sein de leurs territoires.
Une mission qui prend tout son sens à Sophia Antipolis, berceau historique de l’association, qui accueille cette semaine une partie de son 43e congrès mondial. Ouvert au Palais des Festivals de Cannes, ce rendez-vous réunit plus de 1000 participants internationaux autour des grandes mutations technologiques. Pour la technopole azuréenne, ce retour aux sources représente une occasion stratégique de renforcer son rayonnement international, de confronter son modèle à d’autres écosystèmes et de nouer de nouvelles coopérations.
Un réseau mondial au service du développement économique
Créée en 1984 à l’initiative du sénateur Pierre Laffitte, l’IASP avait tenu son premier congrès mondial à Sophia Antipolis. Quarante-deux ans plus tard, le retour de cet événement sur son territoire fondateur revêt une dimension symbolique, mais aussi économique. Le réseau représente plus de 115 000 entreprises et permet à ses membres de confronter leurs expériences, de partager leurs pratiques et de développer des partenariats internationaux.
Placée sous le thème « Tech for Humanity », cette édition aborde notamment la diplomatie technologique, l’intelligence artificielle responsable, la santé et la transition climatique. Autant de sujets qui dépassent les frontières et sur lesquels les technopoles cherchent à renforcer leur capacité d’action.
Une visibilité internationale à convertir en coopérations
Pour Jean Leonetti, président de la Communauté d’agglomération Sophia Antipolis (CASA), le choix de la technopole pour accueillir le congrès constitue « un élément majeur de visibilité pour nous dans le monde entier ». Ce rendez-vous permet également de confronter le modèle azuréen aux expériences menées en Australie, aux États-Unis, en Europe ou en Asie, et d’identifier de nouvelles pistes de coopération.
Le président de la CASA met en avant la « fertilisation croisée », fondée sur les interactions entre université, recherche et entreprises. Ce fonctionnement contribue, selon lui, à la dynamique de Sophia Antipolis, qui rassemble aujourd’hui 2 700 entreprises et 46 000 emplois. Les échanges avec les autres écosystèmes internationaux pourraient notamment favoriser de nouveaux développements dans des secteurs comme la médecine ou la cybersécurité.
La technopole entend aussi consolider les liens entre recherche et économie. Le Pôle Alpha illustre cette ambition, avec la présence de la Maison de l’intelligence artificielle, portée par le Département des Alpes-Maritimes, et les projets de Route du Savoir et de Méta-Campus destinés à rapprocher établissements d’enseignement supérieur et entreprises.
L’intelligence artificielle au service de l’humain
La maîtrise des nouvelles technologies constitue un autre enjeu central du congrès. Charles Ange Ginésy, Président du Département des Alpes-Maritimes, insiste sur la nécessité de faire en sorte que l’intelligence humaine conserve la maîtrise de son destin. « Gérer l’intelligence artificielle et ne pas la subir », résume-t-il, en soulignant l’importance de sensibiliser le grand public à ces transformations.
La Maison de l’intelligence artificielle, installée au sein du Pôle Alpha, participe à cette démarche d’acculturation. L’objectif est de mieux faire comprendre les usages de l’IA, mais aussi ses limites et ses risques, afin que les citoyens puissent s’approprier ces outils. Le Département entend également s’appuyer sur les initiatives et les événements organisés sur le territoire pour élargir cette sensibilisation.
Cette approche rejoint le thème « Tech for Humanity » du congrès et la volonté affichée par les responsables locaux de concilier innovation, responsabilité et respect de la dignité humaine. Pour Ebba Lund, l’enjeu est bien de soutenir un développement économique durable en faisant travailler ensemble les acteurs de l’innovation.
Au-delà des conférences et des rencontres, le congrès offre ainsi à Sophia Antipolis une vitrine internationale et une occasion de renforcer son réseau. Reste à transformer cette visibilité en projets communs, en partenariats durables et en nouvelles opportunités pour les entreprises et la recherche azuréennes.

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