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Renaud Muselier : " Le développement économique et le soutien aux entreprises sont des priorités de la Région pour 2020 "
Par Denys Bédarride publié le 13 JAN 2020 à 12:05
A l'occasion des voeux de la Région Sud, à Marseille, Renaud Muselier au micro d'Ecomnews présente ses priorités pour 2020 : développement économique, soutien aux entreprises, développement durable, transports, les lycées, les relations d'échanges avec la Méditerranée, les élections municipales de Marseille et le nouveau Contrat Plan Etat-Région 2021-2025.

Pour Renaud Muselier, la Région est désormais reconnue comme une collectivité de réference, un pivot et non plus comme une collectivité guichet.

Voici pour vous les élements les plus importants de son discours :

" Pour des raisons politiques locales que je ne rappellerais pas, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur était marginalisée, dispersée, sans volonté politique et priorités claires, faisant « un peu de tout sur tout », à la demande de l’un ou contre l’autre.

En 2015, surtout, la Région était ruinée. Pour s’en tenir aux deux indicateurs majeurs que constituent le taux d’épargne brute et l’encours de la dette : notre taux d’épargne brute était de 16 % contre 20 % en moyenne des Régions et l’encours de la dette progressait de façon incontrôlée, passant de 2 Milliards d’euros à 2,6 Milliards d’euros en 4 ans, avec même une progression de plus de 10 % par an en 2014 et 2015, ce qui veut dire que la dette finançait en réalité une fuite en avant.

Un point positif, cependant, que je reconnais très objectivement à Michel VAUZELLE : son intuition sur la nécessité d’une politique de coopération méditerranéenne.

La Région est aujourd’hui au centre du nouveau système territorial Europe-Régions- intercommunalités qui s’est mis en place, en état de marche et au cœur, surtout, des enjeux et des attentes de nos concitoyens :

Toutes les réformes intervenues en matière territoriale, ces dernières années, placent la Région au « centre du jeu ». Elle n’est plus une collectivité d’appui, elle est devenue une collectivité « centrale » ou du moins « pivot ».

Il s’agit d’entraîner les autres, de former le « pack » du Sud, de dialoguer et de faire naître des synergies avec les Communes, les entreprises, les Départements, les grandes associations ... C’est ma vision de la Région dans sa région, avec tous les acteurs de sa région.

La Région est revenue au « centre du jeu » également, parce que nous avons rétabli nos comptes. Les dépenses de fonctionnement sont maîtrisées : le taux d’épargne brute pourrait dépasser en 2019 20%, moyenne des autres Régions, et, pour la première fois de l’histoire de la collectivité, en 2019, l’encours de la dette de la Région va baisser.

Cette maîtrise budgétaire n’a qu’un objectif : dégager le maximum de marge pour investir au service des territoires de la région et de tous nos concitoyens. Les habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont besoin d’une Région en état de jouer son rôle de locomotive, en état de porter des projets, en état d’améliorer leur vie quotidienne. Ils n’ont pas besoin d’une Région « boulet » qui, par sa situation de faillite financière, constituerait un problème plus qu’une solution.

La Région est repositionnée au « centre du jeu » enfin, et peut-être avant tout, parce que je m’efforce de placer la collectivité toujours au cœur des enjeux, et au cœur des attentes, de nos concitoyens. J’ai passé l’âge des petites guerres électorales à courtes vues, je n’ai pas la prétention d’être le premier partout, de tout régenter et de réussir tout, mais je mets toutes mes forces et toute mon énergie pour essayer d’apporter une réponse à toutes les grandes préoccupations de nos concitoyens de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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Quels sont ces enjeux et ces préoccupations majeurs ?

En premier lieu, la conscience, voire l’angoisse parfois, de notre qualité de vie et de l’environnement que nous laisserons à nos enfants.
Pour cela, j’ai souhaité que la Région Sud soit la première grande collectivité en France à faire un Plan climat, c’est-à-dire faire de l’adaptation aux changements climatiques de nos territoires, de nos entreprises et de nos modes de vie, sa priorité première, son fil rouge.

Depuis 2016, toutes nos actions, dans tous les domaines, sont orientées vers cette priorité. Cela veut dire 20, 25, puis 30 % en 2025 de notre budget qui est orienté sur des actions de développement durable ou prenant en compte les contraintes nouvelles liées au changement climatique.

En décembre 2019, comme chaque fin d’année, j’ai présenté à l’Assemblée un rapport complet et détaillé sur cette priorité Plan climat. 2019, cela a été également le Plan « un million d’arbres », la Guerre du feu, l’Escale Zéro Fumée, la création d’une Agence Régionale de la Biodiversité, le lancement du projet de trains à batteries sur la ligne Aix-Marseille - le premier de ce type en Europe, les lignes de cars électriques que nous avons lancées, les CRET de deuxième génération orientés Plan climat que nous avons signés avec les Métropoles et les EPCI, le Plan Mer et littoral, ...

Deuxième préoccupation de nos concitoyens, la peur d’un abandon de certains territoires, d’un décrochage au sein même de la Nation.
S’occuper des territoires en difficulté, ce n’est pas, comme le font certains, rajouter des peurs aux peurs. Penser et agir pour aménager et trouver un équilibre des territoires, c’est :

˗ un cap avec notre objectif du Plan climat d’adaptation du territoire aux changements climatiques ;

˗ des moyens : nous les avons mis en place. La Région Sud est la seule Région à avoir la gamme complète d’aides aux territoires, du FRAT pour les Communes aux Contrats de proximité pour les Conseils départementaux, 500 millions d’euros au total sur le mandat. S’ajoutent à cela : le dispositif massif et innovant, mis en place avec SFR, pour que chacun puisse accéder au haut débit en 2023 et tout ce qui a été fait pour l’accès de tous aux soins (Plan salles d’attente, Plan cancer, Maisons régionales de santé ...).

˗ mais c’est également un cadre partagé, qui fixe la ligne pour l’ensemble des acteurs de l’aménagement du territoire : nous l’avons, et sommes même la première région française à l’avoir d’ailleurs pleinement applicable juridiquement, c’est le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET), que nous avons baptisé, pour être plus clairs, « stratégie avenir des territoires ». Il est applicable depuis le 15 octobre 2019, après deux ans et demi de travail et de concertation.

Etre au cœur des préoccupations de nos concitoyens, passait également par rebâtir une politique économique avec les entreprises et pour l’emploi.
Nos prédécesseurs, prisonniers, parfois inconsciemment, de schémas d’un autre temps, agissaient en se méfiant des entreprises et en oubliant, qu’en dehors d’elles, il n’y a pas d’emploi durable.

Le Schéma Régional de Développement Economique, dont nous avons fait en octobre 2019 le premier bilan, est bâti sur des principes exactement inverses : être aux côtés des entreprises, prioriser et clarifier nos actions, appuyer partout l’emploi durable.

Les premiers résultats sont là : pour la première fois dans notre région, le taux de chômage passe en- dessous des 10 %, 237 millions en appui financier aux entreprises sur un objectif de 300 millions d’euros que nous nous étions fixés, 8 900 entreprises accompagnées sur un objectif de 10000, 27 % des projets en cohérence avec le Plan climat sur un objectif de 30 %; 37 200 emplois, enfin, créés ou maintenus sur les 50 000 envisagés pour 2021.

Regroupés, lisibles, les instruments d’action de la Région en faveur des entreprises, des artisans, de l’emploi sont aujourd’hui connus et appréciés des chefs d’entreprise. Un travail de proximité sans précédent a été mené à ce sujet dans chaque département, auprès de chaque filière.

Autre préoccupation majeure de nos concitoyens sur laquelle je mets toute mon énergie : la qualité et la fiabilité de nos transports publics régionaux.
Ici, tout a changé depuis 2015. Nous étions le « tiroir-caisse » de la SNCF pour le plus mauvais service ferroviaire rendu en France, et pilotions quelques lignes de bus.

Nous sommes maintenant en charge de l’ensemble des transports interurbains : 550 trains et 850 lignes de bus par jour, transports scolaires compris. Dit autrement, la Région transporte près de 160 000 passagers par jour.

En trois ans, nous avons dû revoir totalement notre organisation, harmoniser les pratiques sur tous les territoires, moderniser les équipements et les véhicules. Les transports sont devenus le premier budget de la collectivité, avec plus de 700 millions d’euros par an.

Aujourd’hui, et la Chambre régionale des comptes le reconnait dans son rapport sur les TER, nous sommes la Région qui offre les tarifs les plus intéressants de France aux abonnés et aux jeunes. Ce n’est pas un hasard, c’est un choix ! Ce n’est pas un hasard non plus, donc, si le nombre d’usagers des transports publics régionaux a considérablement augmenté ces dernières années. Depuis deux ans, le nombre d’usagers du TER a augmenté de 11 %.

La relation avec la SNCF a été clarifiée sur des bases nouvelles, apaisées mais claires : nous ne sommes plus le «tiroir-caisse» mais le véritable responsable des transports publics régionaux. Nous définissons une stratégie, ils mettent en place des prestations.

Chacun assume son rôle et ses responsabilités. Un vrai lien a enfin été créé entre le service rendu et la facture adressée aux contribuables régionaux. Sans doute un hasard, avant évidemment la grève actuelle, le taux de régularité des TER est de 89,2 % en 2019, le meilleur niveau des 10 dernières années ...

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L’année de l’avenir, car 2020 sera l’année de la construction d’un nouveau Contrat de plan Etat-Région 2021-2027 et de nouveaux programmes européens 2021-2025.

Nous avons pu bénéficier de 3.3 milliards d’euros de Fonds européens sur la génération de programmes qui se termine. L’objectif est de faire au moins autant, alors que le budget global de l’Union Européenne pour les politiques régionales sera, sans doute, en baisse.

Doit également être rédigé avec l’Etat, un contrat sur les infrastructures de transport pour les dix prochaines années. La LNPCA trouvera là sa première concrétisation.

Avenir encore, car nos politiques d’appui aux territoires et à la zone alpine doivent être redéfinies, après le succès des outils déployés depuis 2016.

Avenir, par la participation et la conception avec l’Etat d’une nouvelle loi de décentralisation, le projet de loi 3 D. J’y serai particulièrement actif en tant que Président de Régions de France.

Avenir encore, par une accélération de notre politique de modernisation et de qualité dans les transports : ouverture à la concurrence de certaines lignes TER avec le lancement très concret de l’avis d’appel à la concurrence en février prochain ; Un nouveau site de mobilité globale ZOU mobilité ! (premier site de ce type en France, qui sera, pour faire simple, un mélange de Mappy, Oui SNCF, et Blablacar...).

Avenir toujours, avec la nouvelle compétence de la Région, depuis le 1er janvier, en matière d’orientation des élèves. Un mot sur ce sujet, qui ne fait pas les gros titres des médias, mais qui préoccupe chaque famille.

Tous les parents d’élèves, collégiens ou lycéens, connaissent ce temps difficile, parfois angoissant, de l’orientation scolaire. L’Etat a souhaité confier cette compétence aux Régions.

Ce ne sera pas une compétence subie. J’ai souhaité que nous propositions aux familles de notre région des moyens de très grande qualité pour les aider dans le choix de l’orientation de leurs enfants.

Ils vous seront présentés dans les semaines qui viennent. Ils laisseront une large place à l’échange direct, au dialogue entre les familles et les professionnels, pour que les questions, les doutes puissent s’exprimer et trouver réponse. J’ai souhaité quelque chose de très humain, de très proactif avec les questions des familles.

Préparer l’avenir, c’est d’abord préparer l’avenir de chaque collégien et de chaque lycéen de cette région.

Avenir enfin, avec un effort redoublé en matière d’investissements dans tous les domaines pour la Région.
Les dépenses d’investissement de la Région passent, en 2020, de 500 à 600 millions d’euros et pourraient même dépasser ce chiffre, avec plusieurs opérations sur lesquelles nous travaillons et que je ne peux pas encore vous présenter de façon précise à ce jour.

2020, « tout pour l’avenir »

En 2020, toutes nos énergies seront tournées à préparer, à bâtir et à financer, l’avenir de Provence- Alpes-Côte d’Azur. Un avenir qui soit l’avenir de chacun et l’avenir de notre environnement ; l’avenir de nos enfants et l’avenir de tous nos territoires. Un avenir qui protège, nous et nos cadres de vie, et un avenir qui nous ouvre aux autres, au Monde, aux projets de vie et d’épanouissement, que chacun porte légitimement pour lui et les siens. "

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