L'entreprise bordelaise Horizom a planté près de 300 hectares supplémentaires en 2025 et s'allie à l'industriel Fiboo pour transformer la biomasse en panneaux isolants
L’année 2025 marque un tournant pour Horizom. La jeune entreprise bordelaise, pionnière de la culture du bambou en France, affiche une croissance spectaculaire avec 460 hectares de plantations sur le territoire national, contre seulement 165 hectares fin 2024. Cette progression s’accompagne d’un partenariat stratégique avec l’industriel Fiboo qui assure désormais les débouchés de la filière.
Un partenariat industriel structurant
Le rapprochement avec Fiboo, filiale du groupe Baudelet spécialisée dans les matériaux de construction durables, constitue la pierre angulaire de la stratégie d’Horizom. Cet accord garantit l’absorption de l’ensemble de la production de bambou développée par l’entreprise jusqu’en 2033, destinée à la fabrication de panneaux isolants pour le secteur du bâtiment.
“Ce partenariat permettra d’absorber toute la production des projets développés par Horizom jusqu’en 2033, sécurisant ainsi l’aval de la filière”, explique Christophe Downey, cofondateur et CEO d’Horizom. Une sécurisation indispensable pour convaincre les agriculteurs partenaires de s’engager dans cette culture encore peu répandue en France.
Une biomasse au service de la transition écologique
Les chiffres témoignent du potentiel de cette filière naissante. Les 460 hectares actuellement plantés devraient produire 13 800 tonnes de biomasse par an à maturité, de quoi isoler 6 900 maisons chaque année. Mais l’impact environnemental va au-delà de la simple production de matériaux biosourcés.
Cette surface de plantation permettra également de séquestrer 460 000 tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions annuelles de 50 000 Français. Un atout majeur dans la perspective de la stratégie nationale bas-carbone et des objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050.
Le bambou, une diversification agricole prometteuse
Pour Horizom, l’expansion passe nécessairement par la mobilisation des agriculteurs. En 2025, l’entreprise a planté 295 hectares supplémentaires, principalement en Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire et Centre-Val-de-Loire, régions où elle est déjà implantée.
L’année 2026 s’annonce tout aussi ambitieuse. Des projets de plantations sont prévus dans le Loir-et-Cher, la Vienne, la Vendée et en Haute-Garonne. Horizom prospecte également dans les Hauts-de-France, la Marne et les Ardennes, avec l’objectif de planter 450 hectares supplémentaires dans ces territoires.
Pour les exploitants agricoles, le bambou représente une opportunité de diversification rentable sur le long terme, dans un contexte où les filières traditionnelles font face à de multiples défis climatiques et économiques.
Des investissements pour accompagner la croissance
Cette montée en puissance nécessite des moyens humains et techniques adaptés. Horizom prévoit plusieurs recrutements en 2026 pour renforcer ses équipes. L’entreprise finalise également la mise en place d’une nouvelle ligne de production dans sa pépinière landaise, avec pour objectif d’améliorer les conditions de travail et d’augmenter les capacités de production de plants.
Cette structuration progressive de la filière française du bambou illustre comment une ressource encore marginale peut devenir un levier concret de la transition écologique, alliant performance économique et impact environnemental. Reste à savoir si le modèle parviendra à convaincre massivement le monde agricole et à s’imposer durablement dans le paysage des matériaux biosourcés.

























Réagissez à cet article