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Karl Demyttenaere
19 janvier 2016 Dernière mise à jour le Mardi 19 Janvier 2016 à 12:01

Alors qu’en France le président François Hollande lance un nouveau plan pour lutter contre le chômage, l’Espagne poursuit son impressionnante dynamique de création d’emplois, révélant deux approches différentes de la question.

« Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà » disait Pascal. Difficile d’imaginer la position du penseur sur la lutte contre le chômage aujourd’hui mais sa maxime semble s’appliquer à cette épineuse question si on en croit les calculs de Standard and Poor’s, basés sur les données d’Eurostat. 

En effet, d’après ces chiffres, entre mi-2013 et mi-2015, l’économie française a crée 57 000 emplois dans le secteur privé alors que pour sa part l’Espagne en a fait naître… 651 000. Un écart colossal qui s’explique par des situations très différentes.

Deux approches

Violemment touchée par la crise, l’Espagne affronte un taux de chômage important (21,4%) mais le retour de la croissance à plus de 3% lui permet de le résorber progressivement selon S&P’s.

En France le recourt massif à la création d’emplois dans le secteur public, 233 000 sur deux ans, pèse sur la croissance en creusant les déficits publics, selon les analystes de Standard & Poor’s. Paris peine ainsi à faire reculer son taux de chômage de 10,1%, plus modeste que celui de l’Espagne.

A noter que, pour sa part, Madrid a crée seulement 141 000 emplois dans le secteur public entre juillet 2013 et septembre 2015.

En création totale, public et privé confondus, l’Espagne est suivie de près par l’Allemagne avec 724 000 emplois apparus durant la même période

Cependant, en créant 100 000 emplois publics de plus que l’Espagne, les autorités allemandes peuvent se targuer d’avoir un taux de chômage de seulement 4,6% et une croissance de 1,7% en 2015.

Un modèle européen de lutte contre le chômage semble plus que jamais difficile à atteindre…

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