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Nathalie Bureau du Colombier
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mercredi 29 Avril 2026 à 08:46

À Grenoble, la 27ᵉ édition de Mountain Planet qui s’est déroulée du 21 au 23 avril 2026 confirme le rôle structurant du salon pour une filière de la montagne à la fois dynamique et sous tension. Avec une hausse de 4,5 % des visiteurs professionnels, 65 pays représentés, l’événement met en lumière une industrie engagée dans une transformation profonde.

Chasse-neige électriques, fabricants de chalets, de télécabines, attractions sportives, fournisseurs d’énergies, d’équipements, bureau d’études, sauvetage aérien, canons à neige … 482 exposants sur 60 000 m² d’exposition, Mountain Planet est le grand rendez-vous des professionnels de la montagne. Une filière qui cherche désormais des réponses opérationnelles face aux défis climatiques, économiques et sociétaux. 

La présentation du Rapport international sur le tourisme de neige et de montagne 2026 par Laurent Vanat a posé un premier cadre d’analyse. Avec 399 millions de journées-skieurs lors de la saison 2024-2025, le secteur atteint un niveau record. Cette performance traduit une résilience réelle, portée par la stabilisation de la croissance après le rebond post-Covid, une moindre dépendance apparente à l’enneigement, des investissements soutenus et une diversification des marchés. Mais derrière ces résultats, la soutenabilité des modèles économiques reste une question centrale, dans un contexte de réchauffement climatique et d’évolution des usages touristiques.

Au fil des échanges et des tables rondes, auxquelles ont participé les ministres Marina Ferrari, aux sports et Michel Fournier pour la ruralité, un constat s’impose quant à l’urgence d’accélérer la transformation des territoires de montagne et la nécessité de repenser les modèles des stations face à une double pression, climatique et économique.

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Les Jeux Olympiques 2030 comme levier

La perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 constitue un accélérateur majeur. « Les Jeux doivent être une plateforme pour accélérer les transitions économiques et environnementales », a rappelé Edgar Grospiron, président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques d’hiver, COJOP 2030. Le Comité d’organisation met notamment l’accent sur les mobilités, enjeu clé pour la réussite de l’événement et pour l’avenir des territoires alpins. 

« On attend environ un million de visiteurs. C’est considérable, surtout sur un territoire étendu du Léman à la Méditerranée », souligne Élie Patrigeon, directeur impact, héritage et durabilité du COJO 2030. Au-delà de la logistique, ces Jeux s’inscrivent dans une logique d’héritage. « Les Jeux apportent une contribution concrète à des projets attendus depuis des décennies, comme la rénovation de la ligne ferroviaire entre Marseille et Briançon », précise-t-il. L’enjeu est aussi de limiter l’empreinte environnementale : « Il ne s’agit pas seulement de transporter des passagers, mais aussi d’acheminer du fret, pour réduire les flux de camions en montagne. »

Les évolutions sont déjà à l’œuvre. Mobilités décarbonées, nouvelles solutions énergétiques, hybridation des modèles économiques et diversification des activités traduisent une mutation progressive de la filière. Autre tendance structurante dans les travées du salon, la montée en puissance du bien-être. La montagne, historiquement associée à la performance, s’affirme désormais comme un espace de régénération.

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Le transport par câble, une alternative en émergence

En parallèle, Mountain Planet 2026 dans le cadre d’un partenariat historique avec le salon Interalpin, en Autriche a accueilli le salon City Cable Car Solutions (3CS), dédié au transport par câble en milieu urbain. Historiquement positionné dans les massifs montagneux et stations de ski, le téléphérique est une réponse aux contraintes croissantes des métropoles (congestion, pression foncière, exigences environnementales). 

Ces solutions apparaissent comme une alternative crédible. Leur faible emprise au sol et leur capacité à franchir des obstacles en font des outils adaptés aux territoires complexes. Si des villes comme Brest, Toulouse ou La Réunion ont déjà franchi le pas, le déploiement reste encore limité en France. Plusieurs projets sont toutefois en cours, notamment à Ajaccio. D’ailleurs le Gart par la voix de son directeur général, Alexandre Magny, a annoncé la création en France d’un observatoire national des projets câblés. 

Mountain Planet 2026 a confirmé l’industrie de la montagne se trouve à un moment charnière. L’enjeu n’est plus seulement d’anticiper les mutations, mais de les traduire en trajectoires concrètes. Reste à savoir si d’ici la prochaine édition, prévue du 11 au 13 avril 2028, la montagne saura transformer cette dynamique en modèle durable, à la hauteur des défis économiques et environnementaux.

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