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Charlotte Cabane
17 août 2015 Dernière mise à jour le Lundi 17 Août 2015 à 09:08

Comme annoncé dans l’enquête de l’UNEF publiée le vendredi 14 août, le coût de la vie augmentera de 1,1% à la rentrée 2015 : c’est cinq fois plus que l’inflation pour le reste de la population. Alors que le gouvernement ne prévoit qu’une revalorisati

Soutien des collectivités territoriales à la vie étudiante : une inégalité très forte

Cette augmentation du coût de la vie est variable en fonction des villes universitaires. Sans surprise, le niveau des loyers est le facteur le plus influent sur le coût des études : variant de 795 euros à Paris à 332 euros à Brest, l’impact territorial en la matière est très important pour le pouvoir d’achat.

Un autre facteur détermine la variation du coût de la vie en fonction des villes universitaires : les politiques des collectivités territoriales à destination des étudiants.

Qu’il s’agisse des coûts des transports (de 8,33 euros par mois à Toulouse à 31,70 euros à Rennes) ou encore d’aides développées pour les étudiants (à l’instar des chèques santé développés par plusieurs Régions pour permettre l’accès à une complémentaire santé), les collectivités territoriales interviennent sur plusieurs thématiques de la vie étudiante.

Sur ce sujet, les inégalités selon les territoires sont importantes. Les tarifs pratiqués dans les transports augmentent de 2,6% en moyenne (+18% à Lille pour les boursiers), les loyers également (+1,8% à Strasbourg)… Là où davantage de moyens sont mis pour les étudiants (à Paris, la municipalité a mis en place l’encadrement des loyers et les tarifs pour les transports baissent), le coût de la vie diminue au contraire pour les étudiants.

Baisse des subventions aux collectivités : un risque d’augmentation du coût de la vie

L’Etat porte une responsabilité dans cet affaiblissement de la capacité des collectivités à permettre à tous de faire des études. L’absence de politique universelle en termes d’aides sociales (seul un quart des étudiants est boursier) crée des inégalités que villes et Régions ne peuvent que difficilement compenser.

De plus, la baisse drastique des subventions aux collectivités territoriales vient saper les capacités des collectivités à investir davantage pour les jeunes, d’où certaines augmentations dans les transports.

La décision de fusionner les régions remet également en cause certains dispositifs développés par celles-ci. En cas de fusion entre une région proposant une aide et une autre ne la proposant pas, le risque est grand pour les étudiants de voir tout simplement l’aide disparaitre.

Dans le cas de la future grande région Champagne-Ardenne/ Lorraine/Alsace, les deux premières versaient un chèque santé de 75 ou 80 euros par an à tous les étudiants boursiers, la dernière ne mettait en place aucun dispositif. Quel sera l’avenir du chèque santé sur ce territoire ?

Des mesures doivent être prises pour garantir l’égalité sur tout le territoire

A travers ce classement, l’UNEF fait ressortir l’impact territorial pour le coût des études des 20 principales villes universitaires de France. Il per- met de faire ressortir de fortes inégalités en fonction de la ville, ainsi que les bonnes pratiques permettant de réduire le coût de la vie étudiante développées par les collectivités territoriales.

Alors que les prochains mois verront l’élaboration du budget 2016 et donc les budgets alloués aux collectivités territoriales, ainsi que les élections régionales au mois de décembre, l’UNEF revendique un engagement du gouvernement et des candidats aux élections locales pour une égalité des étudiants sur tout le territoire :

– Une revalorisation des bourses de 5% pour compenser la perte de pouvoir d’achat des boursiers depuis le début du quinquennat
– 150 000 nouveaux boursiers pour que tous les étudiants dont les parents ont un salaire inférieur au salaire médian soient couverts par le système

– L’application de l’encadrement des loyers dans toutes les villes universitaires
– La généralisation d’un demi-tarif étudiant dans les transports

– La création d’un chèque santé national pour l’accès de tous à une complémentaire santé, et leur extension dans le cadre des fusions des régions dans le court terme

– La généralisation de l’encadrement des loyers dans les agglomérations universitaires

Classement du cout de la vie :

Pour la première fois, l’UNEF classe les principales villes universitaires en fonction de leur coût de la vie. Quatre facteurs sont pris en compte :

– Un socle fixe, comprenant l’alimentation, les charges, les livres, le téléphone et les loisirs, d’après les données de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE)
– Les loyers moyens des logements étudiants de la ville, mesurés chaque année par Locservice.fr

– Le coût mensuel des transports, en fonction des tarifs prati- qués par chaque ville, pondéré par la part de boursier/non-boursier en cas de tarifs différenciés
– Les aides financières directes à destination des étudiants (chèque santé, chèque vacances et chèque d’aide au logement), pondérées par le poids des publics bénéficiaires

Alors que la distance moyenne d’un site universitaire est de 150 km, l’accès à un logement autonome est souvent indispensable à la poursuite d’études. Selon l’Observatoire de la Vie Etudiante, deux tiers des étudiants sont ainsi décohabitants. Le loyer est pourtant le premier poste de dépenses des étudiants : il représente plus de la moitié du budget. Dès lors, chaque augmentation est un coup dur pour le portefeuille des étudiants et remet en cause leur capacité à suivre des études.

Le montant des loyers est ainsi le premier facteur d’inégalité sur le territoire : de 795€ par mois à Paris à 332€ à Brest, en passant par 468€ à Bordeaux.

Il est cependant possible de lutter contre le montant sans cesse plus élevé des loyers. Malgré le renoncement à l’application généralisée de l’encadrement des loyers, la mairie de Paris a fait le choix de le mettre en place à partir de cette année : le niveau des loyers stagne pour la première fois dans la capitale, plus grande ville universitaire.

A contrario, le reste des villes, n’ayant pas fait ce choix, voient des augmentations : +2,6% à Nancy, +2,4% à Tours ou encore +1,8% à Strasbourg. En moyenne, les loyers augmentent de 0,3% en province.

Pour s’attaquer durablement au loyer, première raison de la précarité étudiante, l’UNEF revendique :

  • La généralisation de l’application de l’encadrement des loyers à toutes les villes universitaires

  • L’exonération des étudiants de la taxe d’habitation

  • La poursuite de la construction de logement étudiant dans le cadre du plan 40 000 annoncé par le gouvernement

 

Prendre un abonnement aux transports en commun est un passage obligé de chaque étudiant pour pouvoir se déplacer au sein de sa ville universitaire. Il s’agit, après le loyer, du deuxième facteur différenciant le coût de la vie en fonction de la ville universitaire.

A travers ce classement, l’UNEF révèle que les communes pratiquent des politiques très inégales envers les étudiants en la matière. Alors que Toulouse pratique un tarif annuel de 100 euros, il faut s’acquitter de plus de 335 euros à Brest : presque 4 fois plus !

Les tarifs étudiants font cependant les frais de l’austérité dans les collectivités territoriales. Ils augmentent de 2,6% en moyenne en province : +4,3% à Bordeaux, +16,8% à Clermont pour les non-boursiers, +18% à Lille avec la suppression programmée du tarif pour les étudiants boursiers.

Une logique dangereuse commence de surcroît à s’instaurer : celle d’une différenciation des tarifs en fonction des revenus des parents.

Ainsi, à Toulouse, le tarif de 100 euros pourrait être supprimé pour être remplacé par un tarif calculé en fonction du revenu des parents, augmentant ainsi le prix pour la grande majoritédesétudiantsetpénalisantlesjeunesdesclassesmoyennesquisontindépendantsdeleursparents.

 

x3 : Difference du coût de transport entre un etudiant de Brest et un etudiant de Toulouse

 

Poste de dépenses par ville du grand Sud :

1 – Paris 

2 – Saint-Quentin en Yvelines

3 – St Denis 

4- Lyon :  La ville de province la plus chère

Loyers : 500 euros
Transports : 25,17 euros
Aides financières directes : 12,50

Si les collectivités territoriales développent des aides permettant à la ville de bien se classer en terme d’aides aux étudiants, le pouvoir d’achat des étudiants lyonnais est plombé par le niveau des loyers : le plus élevé de province.

Avec une nouvelle augmentation de 0,6% de ceux-ci, la mise en place de l’encadrement des loyers est la seule mesure à même de contenir l’augmentation du coût de la vie des étudiants lyonnais.

5. Marseille

Loyers : 471 euros
Transports : 18,33 euros
Aides financières directes : aucune

Si la ville de Marseille n’aide pas financièrement ses étudiants directement, elle a mis en place plusieurs dispositifs facilitant leur quotidien, qu’il s’agisse du remboursement de quatre visites médicales pendant l’année (comprenant deux spécialistes) ou en finançant le repas au restaurant universitaire le soir la se- maine précédant les examens pour faciliter les révisions.

7. Montpellier

Loyers : 467 euros
Transports : 16,33
Aides financières directes : 2,08

8. Bordeaux : Un accès aux loisirs facilité

Loyers : 468 euros
Transports : 18,25
Aides financières directes : 10,83

Les étudiants de Bordeaux sont parmi les plus favorisés en termes d’accès à la culture et aux loisirs : les collectivités proposent en effet un chèque vacances, ainsi que des tarifs privilégiés sur le sport et la culture.

10. Toulouse : Première sur le transport étudiant

Loyers : 448
Transports : 8,33
Aides financières directes : 12,92

La ville de Toulouse est la ville proposant le tarif étudiant le plus avantageux de France en termes de transports : 100 euros pour toute l’année. Cependant, la mairie de Toulouse envisage d’y mettre fin, en calculant désormais le tarif sur les revenus des parents. Cette mesure, qui viendrait impacter le pouvoir d’achat des étudiants, est inacceptable : l’UNEF sera vigilante pour conserver ce tarif universel.

 

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