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Claire Thibault
23 septembre 2016 Dernière mise à jour le Vendredi 23 Septembre 2016 à 06:41

Le secteur de l’agriculture a beaucoup souffert cette année du fait de la baisse des prix du lait, de la crise aviaire mais aussi des conditions climatiques défavorables. 15 millions d’euros supplémentaires seront nécessaires pour arriver à des progr

Dominique Graciet ne le cache pas : « la fusion des trois régions se fait dans un contexte difficile pour l’agriculture ». Impacté par les conditions climatiques défavorables, la crise aviaire puis la crise bovine, le secteur peine à faire face alors qu’il « faut rebâtir des règles communes plus réalistes et plus stables pour la nouvelle région ». 

C’est pourquoi, le président de la Chambre régionale d’agriculture souhaite développer un plan régional de développement agricole commun pour les anciennes régions, avec des conditions d’accès identiques pour tous les agriculteurs.

Pour mettre en place ce nouveau système, une rallonge budgétaire sera néanmoins nécessaire : «  15 millions d’euros supplémentaires, dès 2017, pour l’agriculture et l’agroalimentaire », avance Dominique Graciet, avant d’ajouter qu’ « Alain Rousset a validé le besoin et ne l’a pas trouvé exagéré  ».

Pour le président, il s’agit là davantage d’une « consolidation de l’enveloppe régionale » qui avait déjà intégré « 15 millions d’euros supplémentaire en 2015 lors de la crise de l’influenza aviaire ».

Ainsi, le budget régional agricole devrait atteindre 72 millions d’euros. Une somme qui va doubler en raison de la signature de conventions locales par les conseils départementaux. « Actuellement, 11 départements sur 12 ont signé ces conventions », précise le président de la Chambre régionale d’agriculture, qui n’a pas souhaité dévoiler le nom de celui qui n’a pas signé. Le montant global de l’accompagnement se chiffre à 40 millions d’euros.

 

Dominique Graciet, Président de la Chambre Régionale d’Agriculture

Les producteurs de foie gras fortement touchés par la grippe aviaire

Si tous les pans de l’agriculture ont été impactés cette année à des degrés divers, les éleveurs de palmipèdes à foie gras sont fortement pénalisés depuis fin 2015 suite à l’épisode de grippe aviaire. En plus d’un manque à gagner de 4 mois de vide sanitaire, ils subissent les surcoûts liés aux investissements demandés par la biosécurité.

La région a débloqué une enveloppe de 8 millions d’euros, avec un plafond de 25 000 euros par dossier. Mais les éleveurs demandent également la mise en place d’un plan bâtiment de 25 millions d’euros pour reloger les canards.

Suite à cet arrêt, la production de foie gras devrait baisser de 25 % en 2016 selon les professionnels qui prévoient une hausse de 10 à 20 % des prix.

 

Un plan stratégique pour la filière de la viande bovine

De plus, la crise perdure dans la filière de la viande bovine, d’autant que la consommation française par habitant baisse, avec un recul de -2,6 %.

Depuis 2012, les revenus des éleveurs diminuent régulièrement, avec un marché lourd pour les animaux standards et un déficit de production fourragère en raison de la sécheresse.

« Les prix ne se redresseront pas à court terme, car nous craignons l’encombrement du marché avec l’augmentation des abattages des vaches laitières liée à la réforme », souligne Dominique Graciet. La Région prévoit toutefois le déploiement d’un plan stratégique, adaptée à la filière bovin viande.

Du côté des producteurs de lait de vache, les difficultés s’accumulent depuis plus d’un an. La surproduction européenne et mondiale continue de peser sur les prix, aggravée par la suppression des quotas laitiers en Europe et l’embargo russe.

 

Baisse des rendements et prix bas pour les grandes cultures

Concernant les grandes cultures, les mauvaises conditions climatiques « un hiver doux, un printemps froid et pluvieux, un été chaud et sec » se conjuguent à des baisses de rendements historiques et des prix bas.

La situation est particulièrement dégradée en Haute Vienne, avec une baisse d’au moins 50 % des rendements de blé tendre par rapport à l’année dernière. L’ex-région Poitou-Charentes est aussi impactée, avec une chute des rendements comprise entre 15 et 30 % pour 3 départements sur 4.

Des épisodes importants de grêles ont aussi touché les vignobles de l’ex Aquitaine (Madiran, Tursan, Graves de Vayre), accompagnés de gel début mai pour le Blayais et les Graves. Les vignobles du cognaçais ont également été particulièrement impactés par ces épisodes climatiques : la production devrait être inférieure à 16 % par rapport à l’année dernière.

Pour les fruits et légumes, la fraise de printemps, la pomme, le melon et la tomate ont souffert des conditions climatiques cette année. Seules les prunes à pruneaux s’en sorte bien en termes de rendement : +20 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années, même si le taux de sucre ne s’annonce pas exceptionnel. Leur niveau de prix devrait rester bon.

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