Le nouveau découpage sera en vigueur dès le 1er janvier 2016, la France métropolitaine passera de 22 à 13 régions mais quelles en sont les conséquences ?
Au 1er janvier 2016, la France métropolitaine passera de 22 à 13 régions. Le 17 décembre 2014, dans le cadre de la réforme territoriale, le Parlement a adopté le découpage de la France administrative.
Selon le découpage adopté, six régions ne changent pas de contours, cinq seront issues de la fusion de deux régions actuelles et deux de la fusion de trois régions actuelles.
Ainsi sept ensembles territoriaux résultent d’un regroupement des régions actuelles : Alsace Champagne-Ardenne Lorraine, Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, Auvergne Rhône-Alpes, Normandie issue de la fusion de la Basse-Normandie et de la Haute-Normandie, Bourgogne Franche-Comté, Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, et Nord – Pas-de-Calais Picardie.
Comme pour tout processus de regroupement, la création de ces ensembles plus vastes induit mécaniquement une réduction des différences démographiques et économiques observées. En augmentant la taille des régions, le nouveau découpage atténue logiquement les différences entre les régions ainsi créées tant au niveau démographique qu’économique.
La population :
Aucune des régions continentales ne comporte moins de 2 millions d’habitants. Derrière les deux très grandes régions que sont l’Île-de-France (11,9 millions d’habitants en 2011) et Rhône-Alpes fusionnée avec l’Auvergne (7,6 millions), suit un groupe de cinq régions de taille intermédiaire, comportant chacune cinq à six millions d’habitants.
Ce groupe est constitué des ensembles formés du Nord – Pas-de-Calais et Picardie, de l’Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, du Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, de la grande région Est composée de l’Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine, qui dépassent légèrement en nombre d’habitants la région Provence – Alpes – Côte d’Azur.
Suit un groupe de cinq régions, de deux à quatre millions d’habitants chacune : Bretagne, Pays de la Loire, la Normandie, ainsi que le Centre-Val de Loire et l’ensemble Bourgogne Franche-Comté (qui comptent un peu moins de deux millions d’habitants chacune).
Les nouveaux ensembles ont des caractéristiques démographiques plus proches de ce fait des régions densément peuplées fusionnent avec des régions qui le sont nettement moins : c’est le cas du Nord-Pas-de-Calais avec la Picardie, de l’Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne ou de Rhône-Alpes avec l’Auvergne.
Ainsi, les régions ayant les populations les plus âgées fusionnent-elles avec des régions dont le vieillissement est moins marqué : le Limousin et le Poitou-Charentes avec l’Aquitaine, l’Auvergne avec Rhône-Alpes.
Parallèlement, Nord – Pas-de-Calais Picardie et Alsace Champagne-Ardenne Lorraine bénéficient d’une croissance démographique naturelle plus élevée que les autres régions, alors que pour l’Aquitaine Limousin Poitou-Charentes et le Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, la variation de la population résulte principalement d’un effet d’attractivité par apport migratoire, au même titre que les régions actuelles qui les composent.
Le PIB :
Le PIB des six plus grandes régions en dehors de l’Île-de-France représente près de la moitié du PIB national.
Le rapprochement des nouvelles régions sur le plan démographique concerne également les aspects économiques. La création de plus grandes régions dessine une carte où un nombre plus important de régions présente un poids économique intermédiaire, alors que ce n’était le cas auparavant que pour deux régions, Rhône-Alpes et Provence – Alpes – Côte d’Azur.
En premier lieu, en 2012, le poids du PIB de l’ensemble Auvergne Rhône-Alpes s’élève à 11,4 % alors que Rhône-Alpes seule représente 9,7 % du PIB national.
Ensuite, le PIB des cinq régions Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, Nord – Pas-de-Calais Picardie, Provence – Alpes – Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon Midi Pyrénées et Alsace Champagne-Ardenne Lorraine représente entre 7,1 % et 7,5 % du PIB national, alors que dans la carte actuelle des régions, seule Provence – Alpes – Côte d’Azur est dans ce cas.
La valeur ajoutée :
En outre, les structures sectorielles des valeurs ajoutées régionales se rapprochent. De même, compte tenu des écarts entre les régions qui se regroupent, le PIB par habitant de ces nouveaux ensembles se situe davantage autour de la moyenne nationale.
Parmi les régions fusionnées, la croissance des PIB régionaux au cours des vingt dernières années a été proche ou supérieure à l’augmentation moyenne pour les régions Auvergne Rhône-Alpes, Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, et Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées.
Par rapport à leurs voisines européennes, les nouvelles régions françaises atteignent des niveaux de population importants.
Lire plus : INSEE

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