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Olivia Oreggia
27 août 2016 Dernière mise à jour le Samedi 27 Août 2016 à 02:25

Avec plus de 100M€ de chiffre d’affaires et presque 400 salariés, Malongo est une entreprise prospère. C’est aussi une maison « à l’ancienne », attachée à ses racines azuréennes, et à des valeurs qu’elle décline au travers de ses cafés issus du comme

Nous sommes au cœur de la zone industrielle de Carros, au sein de la Métropole Nice Côte d’Azur. Entre Arkopharma et Schneider Electric, un bâtiment se démarque par l’odeur inimitable qui s’en dégage, celle du café.

L’histoire de Malongo débute en 1934, dans le centre de Nice, chez un petit torréfacteur qui a su développer son activité après la guerre en s’associant à Radio Monte Carlo. Précurseur. Dans les années 60, Malongo part ensuite à la conquête du marché professionnel de l’hôtellerie et de la restauration (qui reste encore une part majeure de son activité). Jusqu’à Marseille, puis Lyon, puis Montpellier.

Jean-Louis Blanc entre dans l’entreprise en 1975. Il en devient le directeur général 5 ans plus tard. Le territoire de Malongo couvre alors le grand delta Lyon-Montpellier-Nice.
Aujourd’hui, les présentations ne sont plus à faire, ni en France ni à l’étranger. Les exportations représentent désormais 17% de son chiffre d’affaires (Espagne, Emirats, USA, Chine). Des commerciaux de l’entreprise participent au développement directement depuis New York, Dubaï et la Chine.

L’un des tournants de la PME se fait en 1992. « Cette année-là », explique Jean-Louis Blanc tel un conteur passionné, « je suis tombé dans le commerce équitable, en rencontrant au Mexique le co-fondateur du label Max Havelaar. Les petits producteurs sont organisés en coopératives. Je suis ébloui par leur capacité de réflexion en termes d’environnement, leur respect de la Terre Mère, très ancré dans les populations indiennes. »
Des valeurs et une éthique qui le séduisent vite. «On s’est situé dans une dynamique de croissance et de découverte de goûts et de saveurs différentes. C’était économiquement compliqué. Puis en 1997, on a lancé la petite boite métallique avec la photo des producteurs locaux dessus. J’ai utilisé une photo que j’avais prise, je l’ai collée sur une boite blanche et j’ai dit « c’est le produit qu’on va vendre. » L’anti marketing. Petit à petit, j’ai réussi à convaincre la grande distribution.» Un engagement pionnier.

Malongo est aujourd’hui leader du café bio et issu du commerce équitable.

Au delà de la philosophie et du succès, l’élément de base reste l’exigence. « La qualité, toujours la qualité », c’est le crédo de la maison.

Le tout avec cette volonté farouche de toujours préserver l’ancrage local de l’entreprise. Et ce, même si ça coûte plus cher qu’ailleurs. A commencer par la torréfaction, 8000 tonnes par an. A l’ancienne elle aussi, en 20 minutes alors que cela peut se faire en 3 minutes. Mais là encore, c’est la qualité qui prime. Tout est fabriqué ici.

Des boites métalliques recyclables aux dosettes en papier naturel dont 300 millions sortent chaque année des lignes de production.

Quels projets à venir ?

« Tout est encore à faire dans le café », affirme le directeur de la PME devenue ETI (Entreprise Taille Intermédiaire).

Il y a le développement de boutiques en master franchises, notamment en Asie. Le développement à l’exportation.

Il y a aussi la formation. Avec un concours annuel très pointu, des centres de formation à Paris, Lyon et la Gaude (06), ou encore la création d’un module « boissons chaudes et mixologie » à l’Université de Nice Sophia Antipolis dès la rentrée.

Transmettre donc. Et s’amuser. « J’essaie d’inoculer un peu de plaisir de temps en temps. » Comme quand le patron fait venir une troupe du Théâtre National de Nice dirigé par Irina Brook, pour se produire au milieu des ouvriers, pendant le travail. Ou quand « on a inventé l’accord fromage-café, comme avec le vin. On s’est amusé ici au laboratoire en testant plusieurs goûts. Et c’est une merveille ! »

« On ne veut surtout pas devenir une multinationale. Ce n’est pas la course à l’échalote ! On s’amuse. On va développer de nouveaux goûts. On a ainsi lancé le café à la rose avec un producteur de Grasse. On conserve l’arôme du café et on a en plus le parfum. On va bientôt faire pareil avec du thym citronné. Ca fait pas des volumes, c’est un plaisir de faire découvrir. »

Croissance, profit, innovation, tradition… « et se faire plaisir dans le travail de tous les jours ». Rien d’incompatible donc. La recette d’un succès à 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. 

 

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