En France, choisir son orientation reste une épreuve pour une majorité de jeunes. Mal informés, pressés de décider, parfois orientés de force : le système peine à répondre à leurs besoins. En Nouvelle-Aquitaine, la Région a pourtant déployé un arsenal de dispositifs gratuits pour les accompagner. Encore faut-il les connaître.
“Qu’est-ce que tu veux faire de ta vie ?” La question revient chaque printemps, souvent trop tôt, toujours trop pesante. En France, l’orientation scolaire reste un parcours semé d’embûches. La Nouvelle-Aquitaine, avec ses trois académies, 12 départements et plusieurs centaines de milliers de collégiens et lycéens, n’y échappe pas.
Une orientation scolaire subie plutôt que choisie
Un sujet pris au sérieux par les autorités. Selon l’étude publiée en février 2026, par la sociologue Anne Muxel, 72 % des jeunes jugent que les décisions d’orientation interviennent trop tôt. 28 % affirment avoir subi une orientation imposée au collège ou au lycée.
En Nouvelle-Aquitaine, ce phénomène se double de fortes disparités territoriales. Entre les métropoles de Bordeaux, Poitiers et Limoges d’un côté, et les zones rurales de la Creuse ou de la Dordogne de l’autre, l’accès à l’information sur les filières et les métiers n’est pas le même. C’est précisément pour combler ces inégalités d’accès que la Région a déployé les Espaces régionaux d’information de proximité (ERIP). Des structures accessibles sans rendez-vous, partout en région, quel que soit l’âge.
Parcoursup, algorithme de l’angoisse
Toujours selon la même étude, 61 % des jeunes estiment qu’il n’existe pas de véritable droit à l’erreur. 56 % déclarent avoir regretté un choix d’orientation. Un sentiment exacerbé par Parcoursup. Les syndicats enseignants dénoncent une sélection généralisée dans l’enseignement supérieur, y compris dans des filières qui ne l’étaient pas auparavant. Face à ce manque de moyen institutionnel, un marché privé de l’orientation a émergé. Des familles dépensent entre 500 et 900 euros pour des conseillers privés. Résultat : les inégalités se font encore plus ressentir.
Pour faire face à ce phénomène, la Nouvelle-Aquitaine propose des alternatives publiques et gratuites. Un test concret d’un secteur avec les Chambres de commerce, d’agriculture et de métiers lors de mini-stages. Ils sont réalisés pendant les vacances scolaires sous le nom de Pass’métiers. Un autre dispositif a été mis en place : Ambassadeurs Métiers. Professionnels de tous horizons et jeunes sont mis en relation sur l’ensemble du territoire néo-aquitain. Une façon de court-circuiter l’angoisse de Parcoursup pour les élèves en quête d’orientation.
Des psychologues scolaires en voie de disparition
Le problème est aussi structurel. On ne compte que 7 000 psychologues de l’Éducation nationale pour 12,5 millions d’élèves, soit un professionnel pour 1 600 élèves. Depuis 2017, 500 postes ont été supprimés selon le SNES-FSU.
En Nouvelle-Aquitaine, ce déficit se ressent particulièrement dans les territoires ruraux. Pour pallier ce manque, Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine propose le service gratuit AlloCMonInfo. Un conseiller répond par téléphone au 0800 940 166 ou par mail. Tandis que l’Onisep offre Mon orientation en ligne, accessible par tchat, mail ou téléphone au 01 77 77 12 25.
Les outils existent pour l’orientation scolaire
Dans un pays qui compte plus de 30 000 formations dans le supérieur, l’abondance de choix ne rime pas toujours avec opportunité. En Nouvelle-Aquitaine, les outils existent : CIO, ERIP, Pass’métiers, Ambassadeurs Métiers, Cap Métiers, Info Jeunes, Onisep. Publics, gratuits, accessibles. Reste à convaincre les jeunes qu’il est normal de ne pas savoir à 15 ans. Comme le rappelle Sophie Vénétitay, au micro de France Inter : “C’est normal de se tromper, et ça ne doit pas être la fin du monde.”
![Visuel Garc╠ºon 1000x200px[Ecomnews] ok](https://ecomnews.fr/app/uploads/sites/7/2026/03/Visuel-Garc╠oon_1000x200pxEcomnews-ok.png)





























Réagissez à cet article