En Midi-Pyrénées, 13,9 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté qui s’établit à 990 euros par mois.
En Midi-Pyrénées comme en France métropolitaine, la crise économique a ralenti la croissance des revenus des ménages et fait baisser ceux des plus modestes.
Cette évolution recouvre des traductions locales contrastées selon la proximité avec un pôle d’emploi, le degré d’urbanisation ou encore la présence de quartiers aisés ou défavorisés.
La géographie des revenus est très liée à l’influence des villes.
Les revenus restent globalement supérieurs dans les grandes, moyennes et petites aires, et surtout, pour les moyennes et petites aires, dans la périphérie de leur pôle d’emploi, appelée couronne.
Dans les grandes aires urbaines de la région, en revanche, les revenus sont plus élevés en banlieue qu’en couronne et surtout qu’en ville-centre.
C’est en effet au sein même des grands pôles urbains que les contrastes sociaux sont les plus marqués et ils s’accentuent encore depuis la crise. À l’écart des villes, les revenus sont souvent plus faibles, mais ils ont évolué plus favorablement et les inégalités de revenus restent moins prononcées.
La crise a accentué les disparités de revenus fiscaux déclarés entre les ménages les plus aisés et les plus modestes.
Entre 2007 et 2011, le seuil de revenus des 10 % de personnes appartenant aux ménages les moins aisés (1 décile), a diminué de 1,2 % en euros constants en Midi-Pyrénées, alors qu’il avait progressé de 7,5 % entre 2003 et 2007 (respectivement – 1,3 % et + 6,3 % en métropole).
Pendant ce temps, le revenu plancher des 10 % des personnes les plus aisées (9 décile) a continué de s’accroître, même si c’est à un rythme moindre, dans la région (+ 2,2 % après + 5,8 % en euros constants) comme dans l’ensemble de la métropole (+ 2,6 % après + 5,5 %).
Les inégalités se sont particulièrement renforcées dans les grandes aires urbaines : le revenu plancher des 10 % de personnes les plus aisées y représentent entre 6 et 7 fois le revenu plafond des 10 % les plus modestes en 2011, contre 5 fois en moyenne dans la région.
La géographie des revenus laisse apparaître des niveaux de revenus médians plus élevés sur ces territoires urbains, qui forment dans la région un réseau en étoile, s’étendant depuis le centre de l’agglomération toulousaine le long des voies de communication reliant les autres aires urbaines.
Au sein des territoires sous l’influence des villes dans les petites et moyennes aires, les disparités de revenus sont marquées entre les pôles et leur couronnes, en niveau comme en évolution. Elles sont aussi particulièrement élevées au sein même des grands centres urbains, lieux de la mixité sociale.
Filosofi, une nouvelle loupe pour examiner les revenus
Avec 19 700 euros par personne de revenu disponible annuel, c’est-à-dire après déduction des impôts directs et réception des prestations sociales, Midi-Pyrénées se classe sixième des régions françaises en termes de niveau de vie médian.
Les aires urbaines dessinent une carte des plus hauts revenus médians régionaux, tirés par leurs couronnes et banlieues.
Au sein de ces aires, les niveaux de vie médians sont moins élevés dans les villes-centre et les disparités y sont plus marquées que dans leur périphérie, de par la présence d’un habitat social plus dense ou d’un parc de logements anciens voire vétustes.
Avec un taux de pauvreté inférieur au niveau national, Midi-Pyrénées se situe dans la moyenne des régions françaises.
Pour les 10 % des personnes les plus pauvres, la part des prestations sociales représente plus du tiers de l’ensemble des revenus avant paiement des impôts. À l’opposé, pour les 10 % les plus aisées, les revenus du patrimoine ont un poids de 30 %.
À compter des données 2012, un nouveau dispositif, Filosofi, permet une observation du revenu disponible des ménages à un niveau territorial plus fin qu’auparavant, jusqu’à la commune. Il offre une nouvelle lecture de la carte des revenus, des inégalités et de la pauvreté monétaire.
En Midi-Pyrénées, la moitié des personnes vivant dans un ménage fiscal a un niveau de vie inférieur à 19 700 euros par an en 2012, soit 1 650 euros mensuels.
Les niveaux de vie médians les plus élevés de la région se trouvent dans l’aire urbaine de Toulouse (21 700 euros), suivie par Rodez (20 300 euros), puis Albi et Castres (19 700 euros).
À l’opposé, les espaces éloignés des grands pôles urbains offrent des niveaux de vie plus faibles à leurs habitants : les moyens et petits pôles ont un revenu inférieur de 7 à 8 % à celui des grands. Dans les aires de Graulhet (Tarn) et Lavelanet (Ariège) par exemple, le niveau de vie médian n’excède pas 16 600 euros par an.
En Midi-Pyrénées, 13,9 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté qui s’établit à 990 euros par mois.
En Midi-Pyrénées bien plus qu’ailleurs, la pauvreté est très forte dans les communes isolées en dehors de l’influence des villes : elle y touche près de 19 % de la population, soit 2 points de plus qu’en moyenne en métropole.
Par ailleurs, les petites et moyennes aires aux plus faibles revenus médians disponibles sont sans grande surprise celles où les taux de pauvreté sont les plus forts.
C’est le cas à Lavelanet et Graulhet où ces taux dépassent les 22 %.
Au sein des grands pôles urbains, le taux de pauvreté est deux fois plus élevé dans la ville-centre qu’en banlieue (18% contre 9%),dont dans le pôle toulousain (18 % contre 8 %), dans celui de Pamiers (22 % contre 11 %) ou encore de Montauban (19 % contre 10 %).
Plus d’informations sur : Insee

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