Logement étudiant Montpellier 1
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Arthur Mille
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Thursday, March 19, 2026 At 10:10 AM

Mercredi 11 mars, ils étaient une trentaine devant le rectorat de Montpellier. Leur cible : une nouvelle hausse des loyers CROUS, la quatrième en trois ans. Derrière cette mobilisation, une réalité qui dépasse largement les frontières de l'Hérault. Quelle est la situation du logement étudiant ?

En France, trouver un logement étudiant est devenu un parcours du combattant. Entre un parc de logements étudiants CROUS qui ne couvre qu’une fraction des besoins, un marché privé sous tension dans les grandes villes universitaires et des aides personnalisées au logement qui ne suffisent plus à amortir la facture.

La question du logement étudiant s’est imposée comme l’un des marqueurs les plus visibles de la précarité dans l’enseignement supérieur. Le tout dans un contexte inflationniste qui a durablement fragilisé les budgets étudiants depuis 2022. 

Le conseil d’administration du CROUS Montpellier vote la hausse

Montpellier n’est pas épargné. La quatrième ville étudiante de France, régulièrement couronnée meilleure ville étudiante par L’Étudiant (1ère place en 2023 et 2024, 2e en 2025) en est l’exemple parfait. Derrière le palmarès, une réalité bien moins reluisante pour ses 80 000 étudiants. La tension sur les logements étudiants est particulièrement palpable. Une situation qui a de nouveau éclaté au grand jour, ce mercredi 11 mars avec une manifestation qui a eu lieu devant le CROUS.

Près d’un loyer absorbé en 3 ans

Cette mobilisation a eu lieu le jour même du conseil d’administration du CROUS. Des hausses qui n’en finissent plus avec cette nouvelle augmentation. C’est la quatrième fois en trois ans que les loyers des chambres universitaires augmentent. Avec cette nouvelle hausse, la dépense annuelle d’un étudiant montpelliérain logé au CROUS grimpe de 350 euros. Soit près d’un loyer absorbé en trois ans.

Une précarité qui s’intensifie

Face à cette nouvelle mesure, les syndicats montent au créneau. Les chiffres sont sans appel. D’après une enquête de la Fage, une organisation étudiante, 22,3% des étudiants vivent avec moins de 100 euros par mois. Un jeune sur trois saute même la moitié de ses repas selon la Banque alimentaire.

Une augmentation qui plonge désormais certains étudiants un peu plus dans la difficulté, d’autant qu’un sur deux est contraint de travailler parallèlement à ses études. La précarité étudiante n’est donc plus un cas isolé. Symbole de cette évolution, le nombre de loyers impayés au sein des résidences CROUS a augmenté atteignant 130 000 euros de dettes. 

Pas assez de logements pour les 80 000 étudiants

Outre la colère, c’est un déséquilibre structurel que ni les hausses, ni les gels ne règleront. Montpellier ne compte que 8 350 logements CROUS. Chaque année, ce sont 80 000 étudiants qui se rendent sur les bancs de l’université. Un énorme décalage qui contraint la majorité à se tourner vers le marché privé des logements étudiants.

Mais ce dernier est déjà sous pression locative maximale. Selon le dernier rapport de l’Observatoire local des loyers, la fourchette moyenne s’élève entre 470 à 520 €. Une facture moyenne qui reste mesurée sur l’ensemble du territoire puisqu’elle place Montpellier à la 19ème place des villes les plus chères en 2025 pour un studio. À noter que 8 villes dans ce classement sont en Iles-de-France. 

Recherche de logements étudiants pour les étrangers : mission presque impossible 

La mobilisation de mercredi 11 mars s’inscrit dans un contexte national alarmant pour certains publics. En effet, à compter du 1er juillet 2026, les étudiants internationaux extra-communautaires non-boursiers ne seront plus éligibles à l’APL. Une mesure votée dans le cadre du budget 2026. Décision que les syndicats assimilent à une forme de préférence nationale. La recherche de logement étudiant est désormais synonyme d’un défi quasi insurmontable pour ces profils. 

Un sujet qui s’invite dans la campagne municipale

La mobilisation du 11 mars tombe à pic. Les Montpelliérains sont appelés aux urnes ce dimanche 22 mars pour le second tour des élections municipales, qui opposera le maire sortant socialiste Michaël Delafosse à la candidate insoumise Nathalie Oziol.

Dans ce contexte, la question du logement étudiant devient un enjeu électoral de premier plan. Oziol, qui a fait de la précarité étudiante l’un de ses cheval de bataille, affronte un Delafosse resté plus discret sur le sujet, proposant pour sa part la création d’un Office municipal du pouvoir d’achat. Pour les 80 000 étudiants montpelliérains, le scrutin pourrait bien être l’occasion de peser dans le débat.

Face à l’accumulation des signaux d’alarme, les organisations syndicales réclament le gel immédiat des loyers CROUS, la rénovation des logements étudiants vieillissants et la réquisition des logements vacants. Des demandes qui, pour l’heure, n’ont trouvé aucun écho concret ni au niveau local ni au niveau national.