Quels sont les niveaux de qualifications demandés pour les prochaines années à venir ? Quels sont les métiers les plus pourvoyeurs d'emploi d'ici 2020 ?
Forte dynamique des métiers de soins et d’aide aux personnes fragiles associée à de nombreux départs en fin de carrière
L’ensemble des professions de soins et d’aide aux personnes fragiles devrait bénéficier d’une forte dynamique de l’emploi, à l’exception des médecins dont l’évolution dépend du numerus clausus 2 et pour lesquels tous les départs en fin de carrière ne seraient pas remplacés à l’horizon 2022 (avec la destruction d’un peu plus de 20 000 postes en dix ans).
Aides à domicile, aides-soignants et infirmiers figureraient ainsi parmi les métiers qui gagneraient le plus d’emplois à l’horizon 2022, avec de l’ordre de 350 000 créations nettes en dix ans.
Le métier d’aide à domicile serait même celui qui créerait le plus de postes sur les dix années à venir, aussi bien en termes de taux de croissance qu’en nombre de postes (près de 160 000 postes créés d’ici 2022, soit une hausse de 2,6 % en moyenne chaque année).
Le vieillissement de la population engendre en effet des besoins croissants en matière de soins et d’accompagnement de la dépendance.
Le développement de la médecine ambulatoire et le maintien à domicile des personnes âgées nécessiteront donc un accompagnement par des professionnels des services à la personne.
Le nombre d’assistantes maternelles devrait également augmenter plus rapidement que l’ensemble des métiers pour répondre aux besoins encore insatisfaits de prise en charge des jeunes enfants.
Les professions de l’information et de la communication, tout comme celles des arts et spectacles, sont surtout occupées par des jeunes ou des personnes en milieu de vie active. Les taux de départs en fin de carrière y seraient donc limités. L’emploi devrait être soutenu dans ces métiers par l’essor du multimédia et des activités audiovisuelles, avec un taux de création nette qui pourrait dépasser 1,7 % par an d’ici à 2022.
En dehors de l’administration publique et de quelques domaines industriels en déclin, la croissance de l’emploi pour les professions intermédiaires serait également soutenue, proche de 1 % chaque année, bien plus élevée que celle de l’ensemble des métiers, et souvent associée à des départs en fin de carrière nombreux.
Ainsi, parmi les métiers qui bénéficieraient des plus importants volumes de créations nettes d’emploi d’ici à 2022, se trouvent plusieurs métiers de niveau professions intermédiaires tels que les infirmiers, sages-femmes et les professions paramédicales (dont nous avons vu que la croissance était tirée par la dynamique générale des métiers de soin), ainsi que les techniciens des services administratifs comptables et financiers.
Les métiers qualifiés du bâtiment, des transports et de la logistique devraient se développer dans une perspective environnementale
À l’horizon 2022, les créations d’emploi dans les métiers du transport et de la logistique pourraient être limitées par l’augmentation du prix de l’énergie.
Au sein de ce domaine professionnel, la croissance du nombre de postes à pourvoir devrait être plus élevée pour les métiers les plus qualifiés tels que les agents d’exploitation de transports ou les cadres des transports, de la logistique et navigants de l’aviation, tout en restant inférieure à l’évolution attendue pour d’autres métiers de cadres.
Dans le domaine du bâtiment et des travaux publics, les architectes et cadres, les techniciens et agents de maîtrise et, dans une moindre mesure, les ouvriers qualifiés devraient continuer de bénéficier de créations d’emploi à l’horizon 2022.
Favorisées par l’augmentation du nombre des ménages, par la rénovation et l’adaptation du parc de logements au vieillissement de la population et à la dépendance et par le développement des normes règlementaires et environnementales, les créations seraient cependant moins nombreuses que lors de la décennie précédente en raison d’une croissance économique moins forte.
Les ouvriers qualifiés du second œuvre (plombiers, électriciens, peintres, menuisiers, etc.), dont plus du tiers sont à leur compte, devraient quant à eux être concernés par des taux de départs en fin de carrière relativement importants, supérieurs à 2,6 % en moyenne chaque année.
Des créations d’emploi nombreuses pour les métiers du commerce et de l’hôtellerie et de la restauration mais peu de départs en fin de carrière
Les départs en fin de carrière seront limités dans certains métiers peu qualifiés recrutant de nombreux jeunes comme les caissiers, vendeurs et attachés commerciaux, les cuisiniers et employés de l’hôtellerie et de la restauration, les coiffeurs et esthéticiens ou les métiers de l’animation culturelle et sportive : dans ces professions, moins de 1,9 % des personnes en emploi seraient concernées chaque année.
Ces métiers devraient néanmoins continuer à bénéficier des nouveaux modes de consommation privilégiant le bien-être et les loisirs : le rythme des créations d’emploi y resterait donc relativement soutenu, tiré à la hausse dans le secteur du commerce par la prolongation des horaires d’ouverture, la hausse de la qualité des prestations et les préférences des consommateurs pour les commerces de proximité, malgré le développement continu des nouvelles technologies et du commerce électronique.
Seul le métier de caissiers ne profiterait pas de cette dynamique du secteur du commerce mais pâtirait de l’automatisation des caisses. Ainsi le nombre de caissiers resterait stable sur dix ans.
Au total, la proportion de postes à pourvoir dans le commerce et l’hôtellerie, restauration, alimentation se situerait autour de la moyenne (avec plus de créations nettes mais moins de départs en fin de carrière), mais les recrutements resteront nombreux du fait d’un important turn-over, dû à des conditions salariales, horaires ou d’activité souvent difficiles.
Des pertes d’emploi moins fortes que par le passé parmi les ouvriers non qualifiés de l’industrie, et des créations pour certains métiers d’ouvriers qualifiés
Sur la période 2012-2022, certains métiers industriels devraient bénéficier de créations d’emploi, mais en nombre limité : il s’agirait surtout de professions intermédiaires telles que les techniciens et les agents de maîtrise des industries de process et de la maintenance en raison d’équipements industriels ou non industriels toujours plus élaborés.
Les ouvriers qualifiés de la réparation automobile seraient également en croissance : ils profiteraient du moindre renouvellement de l’automobile et du développement des services de mobilité, favorisant la réparation.
Dans d’autres métiers (ouvriers de la mécanique, de l’électricité- électronique, du textile-habillement, ouvriers des industries graphiques), l’emploi continuerait à se replier à un rythme cependant inférieur aux tendances observées dans les années 2000, dans un contexte de ralentissement de la désindustrialisation.
Sur les postes qualifiés d’ouvriers industriels, la proportion de départs en fin de carrière sera cependant élevée. C’est également le cas des métiers d’ouvriers qualifiés de la manutention et de la réparation automobile, dont les créations nettes d’emploi seraient légèrement inférieures à la moyenne.
Les départs en fin de carrière pourraient inciter les employeurs à continuer à offrir, face aux difficultés à recruter qu’ils ressentent, des opportunités d’insertion et de promotion interne au sein des entreprises.
Pour la plupart des postes peu qualifiés d’ouvriers, dans la mécanique et le formage des métaux, les industries de process, l’électricité-électronique, le bâtiment et les travaux publics ou la manutention, la proportion de postes à pourvoir telle que mesurée dans cet exercice de prospective devrait être sensiblement inférieure à la moyenne.
Le volume de départs en fin de carrière sera en effet limité car ces emplois s’adressent plutôt à des jeunes, souvent intérimaires ou apprentis, permettant par la suite d’occuper des métiers plus qualifiés de leur domaine
Par ailleurs le nombre d’emplois offerts pourrait diminuer dans ces métiers non qualifiés sous l’effet notamment du positionnement des secteurs industriels sur des créneaux à plus forte valeur ajoutée.
Les ouvriers non qualifiés du bâtiment feraient toutefois exception puisqu’ils enregistreraient une progression de leurs effectifs d’ici 2022 en raison du redémarrage de la croissance dans le secteur du bâtiment. Cette croissance resterait cependant légèrement inférieure à la moyenne du fait principalement de la hausse modérée du revenu des ménages en projection.
Compte tenu de leur fort turn-over, ces métiers devraient néanmoins continuer à offrir des opportunités d’embauche à des jeunes en phase d’insertion professionnelle.
Des pertes d’emploi parmi les employés administratifs…
Dans les fonctions administratives, le développement continu des technologies numériques et la rationalisation des organisations du travail devraient, comme par le passé, contribuer à comprimer l’emploi des secrétaires ou employés de la banque et des assurances tandis que le nombre d’employés de la comptabilité ou de secrétaires de direction devrait rester quasiment stable.
Avec 2 % de créations nettes par an, les effectifs de techniciens des services administratifs, comptables et financiers continueraient pour leur part d’augmenter fortement, les fonctions d’expertise dans ces domaines ne se limitant pas aux seuls cadres.
Pour la plupart des professions à vocation administrative, le rythme des départs en fin de carrière serait comparable à celui de l’ensemble des métiers. En revanche, les départs en fin de carrière seront nombreux pour les secrétaires et pour les métiers de la fonction publique en raison d’une part des séniors élevée.
Ces départs ne devraient toutefois pas tous être remplacés et la proportion de postes à pourvoir serait donc, au final, limitée. Dans ces métiers, les recrutements devraient toutefois rester importants en volume car les effectifs concernés sont conséquents.
La baisse du nombre de militaires, policiers et pompiers devrait être plus marquée entre 2012 et 2022 que sur la dernière décennie en raison, notamment, de la poursuite des restructurations dans l’armée et des contraintes budgétaires plus fortes dans l’administration publique. Ces métiers aux carrières souvent courtes continueront cependant à recruter régulièrement.
…et chez les agriculteurs
Les agriculteurs, éleveurs ou sylviculteurs connaîtront comme par le passé d’importants flux de départs en fin de carrière qui ne seront pas compensés à l’identique par l’installation de jeunes exploitants ou l’embauche de nouveaux salariés.
Même si le rythme des pertes d’emploi serait inférieur à la tendance passée, ce métier serait celui qui perdrait le plus d’emploi à l’horizon 2022.
Plus d’informations sur : Stratégie gouv

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