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Nathalie Bureau du Colombier
10 avril 2026 Dernière mise à jour le Vendredi 10 Avril 2026 à 23:42

C’est dans l’atelier automobile de Marseille La Treille, que l’Afpa a célébré ses Trophées de la mixité 2026. Le parcours de deux jeunes femmes, Clio et Axelle, ayant choisi des formations de plaquiste-plâtrière et maintenance des bâtiments, a retenu l’attention du jury. Un secteur qui emploie moins de 10% de femmes. Reportage vidéo exclusif.

Entre ponts élévateurs et capots fraîchement peints, l’atelier mécanique et peinture du Village des Solutions, le centre Afpa de La Treille à Marseille a organisé le 9 avril dernier la cérémonie de récompense des « Métiers pour elles ». 

Lancé en 2020, l’événement est devenu en 2026, les Trophées de la mixité. Un changement de nom qui traduit une ambition plus large : valoriser les femmes et les hommes qui s’engagent dans des métiers où ils ne sont pas attendus. Le constat reste sans appel. 

« Nous n’avons que 12 % des métiers qui sont réellement mixtes », souligne Alain Mahé, directeur régional de l’Afpa en Provence-Alpes-Côte d’Azur et président du jury. Autrement dit, la grande majorité des professions reste encore fortement genrée. 

Et « 50 % des femmes se retrouvent dans seulement 12 familles professionnelles sur 87 », ajoute-t-il. Une concentration qui témoigne du poids persistant des stéréotypes, dès l’orientation et tout au long des parcours professionnels. 

Face à cette réalité, l’Afpa s’attèle à élargir les choix des formations, ouvrir les perspectives et accompagner les reconversions vers des secteurs encore trop masculins, comme le bâtiment, l’industrie ou la maintenance.

Photo trophées Afpa PACA 1

Axelle Beryl, la détermination d’une pionnière

Parmi les lauréates mises à l’honneur cette année, Axelle Beryl incarne pleinement cet engagement. À 22 ans, cette Niçoise a choisi de devenir plaquiste-plâtrière, un métier où les femmes ne représentent que 6,72 % des effectifs. Rien ne la prédestinait à cette voie. Après des études en art, design et architecture d’intérieur, elle explore d’autres univers professionnels avant de découvrir le bâtiment presque par hasard, à l’occasion de travaux réalisés chez sa mère. 

Ce déclic devient une évidence. Elle y trouve « un réel plaisir », au point d’en faire son métier. Un choix assumé dans un environnement encore très masculin : « Il faut bien une première femme quelque part ! », revendique-t-elle. Lauréate du trophée Pluri’Elles, son parcours illustre une tendance de fond, la volonté de se reconvertir guidée par le sens, le concret et l’envie de s’inscrire dans des métiers techniques.

Photo trophées Afpa PACA 7

Clio Redt, une reconversion en quête de sens

Autre lauréate, autre trajectoire, mais une même volonté de rupture avec les parcours traditionnels. À 27 ans, Clio Redt s’est engagée comme agente de maintenance des bâtiments, un métier où les femmes représentent à peine 9,61 %. 

Issue du design d’espace et passée par plusieurs secteurs, elle finit par ressentir « une perte de sens » dans un travail trop sédentaire. « Je ne voulais plus être devant un ordinateur tous les jours », souligne la jeune femme lauréate du trophée Passionn’Elles.

Là encore, c’est une expérience concrète qui déclenche le changement. « Créative et bricoleuse », elle se tourne vers le bâtiment, un univers où elle retrouve une dimension tangible, polyvalente et stimulante. Un choix qu’elle assume malgré les obstacles, qu’ils soient financiers ou liés aux préjugés. Cette transformation ne peut se faire sans l’appui des entreprises. Ainsi, la société Multritravaux à Allauch l’a recrutée en CDI. « Elle pose les bonnes questions sur les chantiers », soulignent les co gérants de l’entreprise. 

Dans des secteurs en tension, comme l’industrie, le numérique ou l’énergie, la féminisation apparaît comme un levier incontournable pour répondre aux besoins de recrutement.

Photo trophées Afpa PACA 10

Sur le site Afpa de La Treille, les stagiaires évoluent en conditions réelles, au plus près des métiers. Un environnement qui facilite les reconversions et permet de lever les freins, qu’ils soient techniques ou psychologiques. Le centre s’appuie également sur un « village des solutions », réunissant des partenaires pour accompagner les apprenants sur des problématiques périphériques : logement, santé, mobilité ou encore parentalité. 

Au-delà des trophées, l’enjeu est bien d’inscrire la mixité dans la durée. « Ce que nous voulons, c’est favoriser la mixité dans tous les métiers », insiste Alain Mahé. Ces nouvelles voies offrent non seulement un accès concret à l’indépendance financière mais elles permettent aux femmes de s’émanciper, en élargissant leurs horizons sociaux et en transformant le regard porté sur elles, tant dans la sphère familiale que dans le couple. 

Dans quelques mois, les deux lauréates régionales iront concourir à Paris pour la finale régionale.

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