La canicule s'installe, les premiers vacanciers arrivent, et le Salagou Coeur d'Hérault se met en ordre de bataille. Derrière l'image carte postale du lac du Salagou — Grand Site de France, Géoparc UNESCO, se cache un travail de préparation intense mené par la Communauté de communes Salagou Coeur d'Hérault. Faucardage mécanique inédit, développement de la base de plein air, allongement de la saison touristique : le territoire joue la carte d'un tourisme de qualité, maîtrisé et respectueux de son environnement exceptionnel. Reportage vidéo exclusif.
Un été qui commence plus tôt que prévu
La saison touristique 2026 s’annonce particulièrement précoce. La canicule installée dès le mois de juin oriente massivement les habitants et les vacanciers vers les plans d’eau de proximité, ce qui profite au Lac du Salagou. Pour Bernard Coste, maire d’Octon et vice-président du Clermontais en charge du Tourisme, c’est à la fois une opportunité et un défi :
« La saison touristique a déjà commencé à l’occasion des ponts du mois de mai, et là elle démarre — peut-être plus tôt encore cette année que les autres du fait de la météo. Développer les ailes de saison, c’est une volonté de notre équipe. Cela permet de mieux gérer la fréquentation. »
Gérard Bessière, maire de Clermont-l’Hérault et président de la Communauté de communes, confirme : « Cette forte chaleur va vraisemblablement conditionner une fréquentation touristique de proximité, au plus près des lieux où l’on peut avoir de la fraîcheur et de l’eau — peut-être davantage au niveau d’un lac qu’à la mer. »
L’ennemi de l’été : le lagarosiphon
Sous la surface turquoise du Salagou, une bataille silencieuse se joue depuis quinze ans. Le lagarosiphon, plante aquatique invasive originaire d’Afrique du Sud, s’est installé dans le lac en 2009 et colonise chaque année davantage les fonds. Une nouvelle espèce, la Vallisneria Australis, est venue récemment aggraver la situation. Les herbiers atteignent désormais 1 à 1,5 mètre de profondeur dans les zones navigables, rendant par endroits la circulation des embarcations totalement impossible — et refroidissant plus d’un baigneur.
« Le lac du Salagou est envahi de plantes invasives qui perturbent à peu près tout — la navigation et surtout les baignades. C’est absolument indispensable d’agir si nous voulons que le Salagou soit un lieu de fréquentation non seulement à pied autour, mais également aquatique », assure Gérard Bessière. « D’autant plus que nous avons le label Grand Site et le label UNESCO : il faut présenter aux populations touristiques la meilleure image de cet endroit magnifique.»
Bernard Coste soulève un autre enjeu, plus subtil : celui de la perception. « On peut facilement imaginer que c’est une algue toxique — ce qui n’est pas du tout le cas. »
Marie Passieux, conseillère départementale de l’Hérault, abonde : « L’eau du lac est assez chaude par rapport à d’autres endroits, et il est important d’offrir le plus grand confort possible. »
2026 : le tournant du faucardage mécanique au Salagou
Après des années de méthodes manuelles assurées par les agents de la Base de Plein Air et du Centre Technique Intercommunal, une entreprise spécialisée est pour la première fois mobilisée.
C’est Sud Faucardage, entreprise familiale dirigée par Hugo Varon, qui s’attaque à l’ouvrage. À bord de son bateau amphibie de type Truxor, il manœuvre un bras articulé capable de plonger jusqu’à 2,40 mètres sous la surface, combinant faucardage mécanique, récupération systématique des végétaux coupés et fraisage des rhizomes pour ralentir durablement la repousse.
En une journée, l’engin traite près d’un hectare de plan d’eau du Lac du Salagou. Trois zones stratégiques sont ciblées : la plage de baignade de Clermont-l’Hérault, le port de la BPA et la zone de mise à l’eau des pêcheurs. Au total, 50 000 m² de plan d’eau nettoyés et sécurisés.
« Précédemment, c’étaient les équipes de la base de plein air qui faisaient ce travail, qui est chronophage. Cette année, la Communauté de communes a décidé de s’engager avec cette entreprise spécialisée. Avec la barre de coupe verticale et horizontale, nous gagnons en rapidité, en efficacité, et l’avant-port de notre base est propre immédiatement pour l’accueil des premiers visiteurs. » explique Sébastien Vaissade, conseiller communautaire délégué à l’Eau.
L’enveloppe budgétaire totale s’élève à 9 700 euros, intégralement pris en charge par l’intercommunalité.
Hugo Varon, lui, est visiblement conquis par le site : « C’est la première fois que je viens ici, et c’est magnifique. C’est très plaisant quand on travaille avec de superbes paysages comme ça. Moi je dis toujours à mes clients : je suis paysagiste de l’eau. »
La base de plein air, locomotive du tourisme clermontais
Au-delà du lac lui-même, c’est tout l’écosystème touristique du Salagou Coeur d’Hérault qui se structure autour de la Base de Plein Air. Fondée en 1983 par la commune de Clermont-l’Hérault sous le nom de base de voile, reprise en gestion par la Communauté de communes en 2019, la BPA entame une nouvelle phase de son histoire.
Bernard Coste détaille les ambitions : « La volonté est d’étendre le panel des activités, de proposer des activités terrestres en complément des activités nautiques, et de nous mettre au goût du jour en proposant des sports plus récents. Cette base évolue en devenant vraiment base de plein air, et pas uniquement base de voile. »
Mais le frein identifié par tous les élus est le même : le manque d’hébergement collectif. « Sur le pourtour du territoire, nous avons très peu de possibilités d’hébergement collectif ou de type hôtelier. C’est quelque chose d’essentiel pour le développement de la base, notamment pour accueillir des groupes scolaires ou des comités d’entreprise », insiste Bernard Coste.
Gérard Bessière annonce d’ailleurs avoir l’intention de proposer prochainement des aménagements supplémentaires sur la base, notamment en matière d’hébergement, pour la rendre encore plus attractive.
« Nous nous inscrivons dans la proximité et un développement maîtrisé et équilibré. Il ne s’agit pas d’avoir du surtourisme, car c’est l’effet inverse que nous recherchons. Mais un tourisme respectueux de l’environnement et de la nature. » assure le président du Clermontais.
550 000 visiteurs au lac du Salagou et une ambition quatre saisons
L’enjeu pour le Salagou Coeur d’Hérault n’est donc pas d’attirer davantage de monde mais de mieux répartir cette fréquentation dans le temps — et d’en faire profiter pleinement l’économie locale.
Pour Sébastien Vaissade : « L’intérêt de ce type d’opération, c’est aussi d’avoir toute l’année une plage qui soit propre et d’allonger la saison touristique pour que les acteurs économiques s’y retrouvent. Les visiteurs viennent se baigner, mais ils viennent ici aussi pour l’esprit des lieux. »
Un esprit des lieux que la Communauté de communes Salagou Coeur d’Hérault entend bien préserver — et sublimer — pour que le Salagou reste l’une des plus belles destinations naturelles d’Occitanie.



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