Depuis 2016, l'Université de Montpellier Paul-Valéry a fait de la mobilité un axe central de sa politique environnementale. Alors que les déplacements représentent plus de la moitié de son bilan carbone, la « Journée de la Mobilité » organisée sur le campus a été l'occasion de dresser le bilan d'une décennie d'efforts. Reportage vidéo exclusif.
C’est un enjeu de taille pour une structure accueillant plus de 22 000 étudiants et 1 500 personnels répartis sur cinq sites. Selon le bilan carbone de 2022, les déplacements pèsent pour 54,3 % des émissions globales de gaz à effet de serre de l’Université de Montpellier Paul-Valéry. Face à l’urgence climatique, l’heure n’est plus à la simple réflexion, mais à l’action concrète.
Valérie Le Chenadec, chargée d’accompagner ces transitions à l’université, rappelle la genèse de ce projet au long cours : « Nous célébrons aujourd’hui les dix ans de l’engagement de l’université sur les questions de mobilité. C’est une démarche initiée en 2016, à la suite de notre premier bilan carbone et de la mesure de nos émissions de gaz à effet de serre liées aux trajets domicile-travail et domicile-études. L’objectif de cette journée est de donner une véritable visibilité aux partenaires qui nous accompagnent, et de présenter à la communauté universitaire, ainsi qu’au public, l’ensemble des dispositifs que nous avons déployés. »
Une révolution des habitudes en marche
Les résultats des enquêtes menées en interne avec les étudiants du master Transport et Réseau parlent d’eux-mêmes. Chez les personnels, la suprématie de la voiture s’effrite : son utilisation a chuté de 72 % en 2016 à 43 % en 2023.
Le grand gagnant de cette transition est le vélo, dont la part modale a presque triplé sur la même période, passant de 11 % à 32 %.
Cependant, le changement d’habitudes demande un accompagnement sur mesure, comme le souligne Valérie Le Chenadec : « Plus de 50 % de nos collaborateurs résident dans un rayon de cinq à quinze kilomètres. Lâcher la voiture n’est donc pas toujours évident. Nous les accompagnons dans cette transition. La proportion d’usagers de la voiture diminue progressivement, et la mise en place du Forfait Mobilités Durables en 2021 a été un véritable coup d’accélérateur pour la pratique du vélo. »
Du côté des étudiants, la mobilité douce est déjà la norme : 67 % privilégient la marche et 49 % le tramway. Des chiffres qui devraient encore évoluer avec deux leviers majeurs récents : la gratuité des transports en commun mise en place fin 2023 par la Métropole et l’arrivée stratégique du nouveau tramway aux portes du campus.
« Nous travaillons en cohérence avec les initiatives de la Métropole pour que nos dispositifs soient efficients et complémentaires, précise Valérie Le Chenadec. Désormais, nous allons pouvoir mesurer les effets de l’arrivée de la ligne 5 de tramway et du parking en bout de ligne, afin d’observer si les usages changent et si les pratiques évoluent de manière plus marquée. »
Covoiturage et entretien solidaire : des solutions ancrées dans le quotidien
Pour réduire l’autosolisme, l’université s’appuie sur un maillage de partenaires solides, présents lors de cette journée. Parmi eux, l’application BlaBlaCar Daily offre une solution concrète et économique pour les trajets du quotidien.
Marion Rousseau, coordinatrice événementielle pour BlaBlaCar Daily, détaille le succès de ce dispositif : « BlaBlaCar Daily est le service dédié aux trajets du quotidien, qu’il s’agisse des déplacements domicile-travail ou domicile-école. Grâce aux subventions de la Métropole de Montpellier, le service est entièrement gratuit pour les passagers, tandis que les conducteurs sont indemnisés. C’est un dispositif qui fonctionne particulièrement bien au sein de l’université depuis plusieurs années. En proposant un trajet sur notre plateforme, les utilisateurs ont de fortes chances de trouver un, voire plusieurs covoitureurs. »
Pour encourager les cyclistes, l’université a également pérennisé un service de révision de vélos gratuit, proposé deux fois par mois. En levant le frein de l’entretien technique, l’institution garantit la sécurité de ses usagers tout en prolongeant la durée de vie des équipements.
Des efforts récompensés et reconnus, puisque l’Université Montpellier Paul-Valéry est doublement labellisée DD&RS (Développement Durable et Responsabilité Sociétale) et a récemment obtenu une nouvelle certification : « Depuis septembre 2025, nous avons obtenu le label employeur Pro Vélo, qui vient récompenser l’ensemble de ces initiatives destinées au personnel, conclut Valérie Le Chenadec. C’est un véritable travail collectif qui implique toutes les directions de l’institution. »
Une synergie avec les acteurs locaux
L’Université ne mène pas cette bataille seule. Elle s’inscrit dans un écosystème territorial dense, épaulée par des acteurs comme l’Agence Locale de l’Énergie et du Climat (ALEC) de Montpellier Métropole.
Antoine Joussen, Chef de projets Mobilité à l’ALEC, explique : « Nous avons été invités par l’université pour échanger sur l’ensemble des solutions de mobilité qui existent sur le territoire. C’est notre cœur de métier à l’ALEC : nous renseignons tous les habitants de la métropole, et même au-delà, sur la manière de se déplacer de façon plus économique, plus écologique, tout en améliorant leur santé. Notre rôle est de les orienter vers toutes ces alternatives durables. »
Les prochaines enquêtes de terrain feront figure de test pour évaluer si l’arrivée très attendue de la ligne 5 de tramway permet d’accélérer définitivement cette dynamique.