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Fiona Urbain
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mardi 28 Juillet 2026 à 07:07

Ce jeudi 23 juillet, Jalil Benabdillah, vice-président de la Région Occitanie en charge de l'Économie, accompagné de Katy Guyot, conseillère régionale, a fait le déplacement jusqu'à Vauvert pour rencontrer Nicolas Vigneau. Une visite de terrain qui s'inscrit dans la démarche de proximité de la Région avec ses acteurs économiques — et qui a permis de découvrir une entreprise familiale aussi discrète qu'ambitieuse, à la croisée du BTP, de la logistique et de l'économie circulaire. Reportage vidéo exclusif.

Un enfant du pays devenu patron d’un groupe de 150 collaborateurs

Nicolas Vigneau a 38 ans. Il est né à Vauvert, il y a grandi, et c’est à Vauvert qu’il a choisi de bâtir son groupe. « Je suis un enfant d’ici. On a eu la chance d’être accueillis par la mairie il y a sept ans. Nous sommes revenus nous installer ici et depuis, nous avons développé pas mal de foncier bâti, des outils industriels pour notre développement en logistique, recyclage de matériaux et traitement de déchets », raconte-t-il.

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Officiellement constitué en holding en 2020, le Groupe Vigneau fédère aujourd’hui plusieurs filiales complémentaires — Stranic, Stranic Terrassement, Stranilevage, Estagnol, GVM et le centre de formation CER Lopez — couvrant le levage, le terrassement, la logistique, la mécanique et la formation professionnelle. Un guichet unique pour les acteurs du BTP, les industriels et les collectivités entre Nîmes et Montpellier. Plus de 150 collaborateurs, tous en CDI, un chiffre d’affaires consolidé supérieur à 20 millions d’euros : le groupe s’impose comme le premier employeur privé de Vauvert.

Jalil Benabdillah ne cache pas son admiration : « C’est un entrepreneur au sens noble du terme. Il a développé son projet pour créer un groupe solide, qui a plusieurs métiers, qui a consolidé plusieurs entreprises et qui a des projets vraiment très ambitieux

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Du calcin au béton bas carbone : l’économie circulaire en actes

Au cœur du modèle du Groupe Vigneau, une innovation industrielle aussi peu médiatique qu’exemplaire : le recyclage du calcin. Ce rebut de production issu de la fabrication du verre — et notamment de la verrerie de Vergèze, aujourd’hui fermée — est transformé sur le site de Vauvert en matériaux valorisables.

« Le calcin, c’est essentiellement du sable. Le sable aujourd’hui, c’est un peu comme l’eau : une ressource critique de laquelle il faut se soucier. À la place de l’envoyer en enfouissement ultime, nous lui donnons une seconde vie par des opérations de lavage, de criblage et de soufflerie », explique Nicolas Vigneau. Le groupe produit ainsi trois types de matériaux : des sables pour travaux publics, des sables de filtration pour l’assainissement non collectif, et bientôt — les recherches et développement sont en cours — des sables pour la filtration de l’eau agricole.

L’ambition va plus loin encore. Le groupe fournit aussi des acteurs nationaux et des PME locales en agrégats recyclés pour la fabrication de béton bas carbone. « Dès lors qu’on arrive à se soucier de l’origine de l’eau et des agrégats qu’on met dans le béton, en plus du ciment, les agrégats peuvent aussi avoir leur impact CO2. C’est aujourd’hui ce que nous maîtrisons au sein du groupe », précise le président. Le groupe recycle également une partie des eaux du process industriel de la vinaigrerie voisine pour limiter sa consommation d’eau — une logique de circuit court poussée à son maximum.

« Le calcin est un déchet généré sur Vergèze et traité sur Vauvert. Je pense qu’on peut difficilement faire mieux en termes d’économie circulaire », résume Nicolas Vigneau.

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18 % de travailleurs en situation de handicap et un projet de crèche aux horaires atypiques

Le modèle social du Groupe Vigneau est tout aussi singulier que son modèle industriel. Sur les 150 collaborateurs, 18 % sont en situation de handicap, mental ou moteur — une proportion bien supérieure aux obligations légales, fruit d’une politique d’inclusion assumée.

L’entreprise s’engage également dans la féminisation de ses métiers, y compris sur les postes de conduite de véhicules lourds. « Les chiffres ne mentent pas : les femmes sont de meilleures conductrices que les hommes », affirme Nicolas Vigneau, qui compte également des femmes au sein de son comité directeur.

Mais pour aller plus loin, un frein concret reste à lever : la garde d’enfants. « La limite, c’est de trouver une crèche qui ouvre assez tôt le matin. C’est un projet que nous avons en partenariat avec l’Institut D’Alzon : créer une crèche aux horaires atypiques, de cinq heures à vingt-deux heures, pour accueillir les enfants du groupe et de l’extérieur. Pour permettre aux femmes de s’épanouir et de prendre des postes à responsabilité. »

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La Région Occitanie à l’écoute et en soutien

La visite de Jalil Benabdillah visait à identifier concrètement les dispositifs régionaux mobilisables pour accompagner les ambitions du groupe dans un contexte économique tendu.

Nicolas Vigneau pose le diagnostic sans détour : « Aujourd’hui, il ne faut pas se cacher, nous sommes dans une crise sociale, dans une crise énergétique et de fait dans une crise économique. Si la Région Occitanie répond présent pour nous accompagner sur des sujets financiers de consolidation, de haut de bilan ou de bas de bilan, ce n’est pas négligeable. Ce sont des choses qu’il faut étudier et écouter. »

Le Vice-président régional a détaillé l’arsenal de dispositifs disponibles : financement de l’innovation pour les projets d’économie circulaire, renforcement des fonds propres via le Fonds souverain régional, soutien à la trésorerie avec le fonds Foster — un fonds européen géré par la Région permettant de financer recrutement, développement et acquisition de matériel sans garantie ni caution personnelle. « Vous voyez, nous avons beaucoup d’outils à mettre à disposition des entreprises pour les aider dans leurs projets et leurs ambitions », résume Jalil Benabdillah.

Le vice-président souligne par ailleurs l’importance du Gard dans la politique économique régionale : « 10 à 12% des aides régionales directes sont dédiées au département du Gard. C’est conséquent. Et le Gard a des entrepreneurs qui créent de l’emploi et de la richesse sur ce territoire. Notre rôle, c’est aussi de les valoriser et de les faire connaître. »

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Une pépite gardoise qui mérite d’être connue

Katy Guyot, conseillère régionale et élue du territoire, résume l’enjeu en quelques mots : « C’est le plus gros employeur de Vauvert. C’est une entreprise qui cherche en permanence à développer des process compatibles avec le développement durable et l’environnement. Je suis très heureuse que Jalil Benabdillah ait pu venir se rendre compte de la pépite que nous avions ici. »

Une entreprise qui illustre, loin des projecteurs, ce que peut être l’industrie de demain dans le Gard : ancrée dans son territoire, intégrée dans son écosystème, sociale dans ses pratiques et résolument tournée vers l’économie circulaire.

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