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Ecomnews en direct du Congrès des Régions à Bordeaux : Edouard Philippe ne convainc pas
Par Guillaume Ptak publié le 03 OCT 2019 à 14:09
Le Congrès des Régions de France s'est tenu lundi 30 septembre et mardi 1er octobre au Parc des Expositions de Bordeaux. L'intervention du Premier Ministre Edouard Philippe était très attendue par les Présidents de Régions, mais les mesures qu'il a annoncées n'ont pas remporté l'adhésion des élus.

Pour Alain Rousset, le discours d'Edouard Philippe à Bordeaux aurait pu être l'égal du discours à Lyon du Général de Gaulle. Las, les annonces du Premier Ministre n'ont pas été à la hauteur des attentes : « Je suis déçu, et je suis déçu d'être déçu », a soupiré le Président de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Réaction partagée par Hervé Morin, qui a notamment déploré le discours « technocratique » d'Edouard Philippe, loin du discours fondateur que le président des Régions de France avait appelé de ses vœux.

Des mesures fiscales, et plus de concertation

Au nombre des mesures, le Premier Ministre a notamment annoncé une expérimentation sur trois régions visant à régionaliser la gouvernance de la formation professionnelle, sans remettre en cause la réforme gouvernementale, pourtant contestée par les collectivités territoriales.

Au niveau fiscal, Edouard Philippe donne la possibilité aux Régions de baisser la CVAE (Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises), assurant également que les 300 millions d'euros perdus suite à la réforme de la taxe d'habitation seraient entièrement compensés.

Enfin, le Premier Ministre a retenu l'idée d'une concertation trimestrielle Etat-Régions, afin d'élaborer la stratégie de la collectivité pour chaque compétence. Ces mesures font office de prélude à un projet de loi de décentralisation qui devrait être présenté au premier trimestre 2020 au Parlement.

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Des annonces qui font débat

Au nombre des mesures contestées par les élus, le transfert de la gestion d'une partie des fonds structurels européens en matière de politique agricole à l'Etat : « Cela consiste à prendre une part considérable des crédits européens pour la transition écologique, 1 milliard d'euros pour la Nouvelle-Aquitaine, que nous co-gérions avec le monde agricole », assure Alain Rousset.

Sur ce sujet, « comment les services de l'Etat peuvent-ils gérer les crédits européens sachant qu'ils n'ont plus les ressources humaines en interne ? » s'interroge de son côté Carole Delga, présidente de la Région Occitanie.

Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne s'est lui dit « en colère » : « nous menons des politiques pour transformer l'agriculture, pour aller vers l'agro-écologie, différentes selon nos territoires et nos systèmes agricoles. Si on perd la main, on ne va pas réussir à répondre aux enjeux de nos concitoyens, et à celui de la souveraineté alimentaire. »

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