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Fiona Urbain
Hier Dernière mise à jour le Mercredi 22 Juillet 2026 à 09:00

Quatre déchèteries, 12 000 foyers concernés, 4 millions d'euros de budget : la gestion des déchets est l'un des services publics les plus utilisés du quotidien — et l'un des moins visibles. La Communauté de communes de Petite Camargue vient d'inaugurer la modernisation de ses quatre sites d'Aimargues, Beauvoisin, Le Cailar et Vauvert. Reportage vidéo au coeur de ces équipements essentiels.

Les déchèteries, un service public essentiel, trop souvent invisible

Il n’y a rien de glamour dans une déchèterie. Nicolas Meizonnet le reconnaît lui-même avec franchise : « C’est un peu confidentiel, c’est peut-être pas ce qui va intéresser le plus les habitants. Pourtant, c’est extrêmement important pour nous d’offrir à la population du territoire de Petite Camargue un service public toujours de qualité, de plus en plus moderne et de plus en plus soucieux des questions environnementales.»

Avec 4 millions d’euros de budget annuel pour près de 5 millions d’euros de recettes — issues principalement de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, de la valorisation des matériaux et des soutiens des éco-organismes —, la compétence déchets est pourtant l’une des plus structurantes pour la collectivité. « Elle n’est parfois pas toujours reconnue à sa juste valeur», insiste le président.

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Quatre sites rénovés, un projet initié par l’équipe précédente

Les travaux concernent les quatre déchèteries du territoire. La plus récente, celle du Cailar, a été entièrement construite en 2025 pour un montant de près de 900 000 euros — elle n’a donc bénéficié que d’améliorations de signalétique. Les trois autres sites — Vauvert, Aimargues et Beauvoisin — ont quant à eux fait l’objet de mises aux normes plus substantielles.

Nicolas Meizonnet tient à rendre hommage au travail accompli avant lui : « Ces projets ont été portés par l’équipe précédente. Nous nous sommes inscrits dans la continuité, et nous en avons d’autres pour offrir de nouvelles possibilités aux quatre sites de la communauté de communes. »

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Des Roll Packers qui divisent par trois les transports

L’une des innovations les plus concrètes de ce programme de modernisation est l’acquisition de Roll Packers — de puissants compacteurs installés sur chaque site. Christophe Tichet, Vice-président de la communauté de communes de Petite Camargue
en charge de la gestion des déchets en explique l’intérêt : « Ce sont des broyeurs qui permettent de compacter des bennes qui paraissent pleines et qui en fait sont pleines de vide, puisqu’il y a énormément d’air. En compactant les déchets, nous arrivons à remplir trois fois plus. Nous arrivons à diminuer par trois le transport — c’est un gain en efficience, et un gain d’argent pour la collectivité puisqu’il y a moins de frais de transport. »

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Les agents mieux protégés face à la canicule

Les rénovations ont également inclus l’installation de systèmes de climatisation dans les locaux de chaque site. « Avec la canicule que nous vivons actuellement, pour les agents qui travaillent sur site, c’est très difficile. Même s’ils ont des horaires aménagés et ferment à quatorze heures, il fait quand même près de quarante-cinq degrés sur la plateforme. C’est bien qu’ils aient un espace frais pour pouvoir s’abriter » explique Christophe Tichet.

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Moins d’incinération, plus de recyclage

La transformation la plus significative sur le plan environnemental concerne la disparition des bennes à incinération, remplacées depuis le 31 décembre 2025 par de nouvelles filières de Responsabilité Élargie des Producteurs (REP).

Christophe Tichet salue cette évolution : «Ces nouvelles REP permettent de recycler l’éco-mobilier, les nouveaux plastiques, les jouets, et de valoriser des déchets qui avant étaient soit incinérés, soit enfouis sur le site de Bellegarde.»

Nicolas Meizonnet, lui, est plus nuancé. S’il reconnaît les bénéfices de la démarche, il pointe une question de fond sur les alternatives proposées : « Aujourd’hui, nous avons des bennes que nous enfouissons dans le sol. Cela représente un coût, et je ne suis pas certain que sur le plan écologique, ce soit absolument pertinent. Il y aura peut-être dans l’avenir des discussions avec le Sitom Sud Gard pour revenir en arrière et rétablir les bennes à incinération. »

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11 800 QR codes pour gérer les accès

Parmi les autres évolutions notables figure la mise en place d’un système d’accès par QR code, déjà largement adopté par les usagers : plus de 11 800 QR codes ont été délivrés, couvrant près de 12 000 foyers, auxquels s’ajoutent 173 accès destinés aux professionnels et aux services techniques. Ce dispositif permet à la collectivité de sécuriser les entrées, de mesurer précisément la fréquentation de chaque site et d’adapter l’offre de service aux besoins réels des habitants.

L’accès reste gratuit pour les particuliers dans la limite de 120 m³ par an, tandis que les professionnels s’acquittent d’un tarif depuis 2005 — une distinction qui génère près de 37 000 euros de recettes annuelles, réinjectées dans le financement de la politique déchets.

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Et demain : compostage, broyage végétal et agrandissement

La nouvelle équipe ne compte pas s’arrêter là. Christophe Tichet détaille une vision ambitieuse pour les prochaines années, notamment autour du broyage des végétaux et du compostage : « Nous aimerions faire des aires de broyage et, là où nous en avons la capacité — notamment à Beauvoisin où notre station d’épuration est juste à côté —, créer une station de compostage. Cela permettrait de valoriser les déchets verts et les boues de station, et de proposer du compost gratuitement aux habitants. »

Des projets d’extension foncière sont également à l’étude sur plusieurs sites pour accueillir de nouvelles bennes de recyclage. « Plus nous recyclons, plus il y a des retombées économiques des diverses filières », souligne le vice-président. « Et surtout, nous éviterions d’enfouir des déchets qui peuvent être recyclés. »

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