Dans un contexte de chômage persistant à Marseille, le gouvernement a décidé de reconduire en 2026 une enveloppe exceptionnelle de 1 000 contrats aidés dans les Bouches-du-Rhône. Cette mesure, inscrite dans le cadre du plan Marseille en Grand, vise prioritairement les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Au premier trimestre 2026, le taux de chômage s’établissait à 10,2 % à Marseille, en hausse de 0,7 point sur un an. Ce chiffre reste nettement supérieur à la moyenne départementale (8,6 %) et nationale (7,9 %). Parallèlement, plusieurs secteurs, comme le bâtiment, les services à la personne ou l’hôtellerie-restauration, peinent toujours à recruter. Dans les quartiers prioritaires (QPV) des Bouches-du-Rhône, on comptait fin juin 34 561 demandeurs d’emploi, dont 26 640 à Marseille, soit 77 % du total départemental. Les jeunes y représentent près de 28 % des inscrits.
C’est dans ce contexte que la préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, a réuni le 1er juillet en préfecture les acteurs de l’emploi et du monde économique pour présenter les dispositifs mobilisés.
500 CIE et 500 PEC
L’enveloppe de 1 000 contrats se compose de deux volets :
- 500 Contrats Initiative Emploi (CIE) destinés au secteur marchand, avec une priorité donnée aux habitants des QPV de Marseille ;
- 500 Parcours Emploi Compétences (PEC) destinés au secteur non marchand (associations, structures d’intérêt général), dont 200 cofinancés par le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône pour des bénéficiaires du RSA.
Cette enveloppe s’inscrit dans la continuité des résultats de 2025, année durant laquelle 951 CIE avaient été conclus, dont 84 % au profit de résidents des quartiers prioritaires marseillais.
Vers une insertion plus durable
Au-delà du volume de contrats, les autorités insistent cette année sur la qualité des parcours. Les CIE sont désormais mieux articulés avec des actions de formation, d’accompagnement et d’immersion professionnelle, afin de favoriser des embauches durables.
Au 29 juin 2026, 74 CIE avaient déjà été prescrits. Parmi eux, 69 % ont débouché sur un contrat à durée indéterminée, 78 % concernent des TPE ou PME, et 36 % ont bénéficié à des jeunes.
Des exemples concrets d’insertion
Lors de la réunion, plusieurs acteurs ont témoigné de l’impact de ces dispositifs sur le terrain. L’entreprise SAPS (Service Accueil Prévention Sécurité), confrontée à des difficultés de recrutement dans le secteur de la sécurité, a expliqué comment elle combine préparation opérationnelle à l’emploi (POEI), formation et Contrat Initiative Emploi pour intégrer durablement de nouveaux salariés. Elle participe également aux opérations « Les Stades vers l’emploi ».
De son côté, l’association Papi Mami Assistance a présenté le parcours d’une salariée anciennement bénéficiaire du RSA. Après un Parcours Emploi Compétences, elle a été recrutée en contrat à durée indéterminée, illustrant la capacité du dispositif à favoriser une sortie durable de l’assistance.
La Mission locale de Marseille a également mis en avant le parcours d’un jeune accompagné dans le cadre du programme Génération Bâtisseurs. Après des expériences dans le bâtiment et l’agriculture, il poursuit aujourd’hui une formation en alternance à l’ESCT chez l’entreprise Impresa Pizzarotti, titulaire du chantier de l’hôpital de la Timone.
« Des parcours utiles et durables »
Isabelle Épaillard, préfète déléguée pour l’égalité des chances a salué ces initiatives : « Dans un contexte budgétaire exigeant, chaque dispositif doit permettre de construire des parcours utiles et durables. L’enjeu est de répondre aux besoins des employeurs tout en donnant aux habitants les plus éloignés de l’emploi de véritables perspectives professionnelles. »
La réunion a rassemblé plus de 50 participants, parmi lesquels Sabine Bernasconi, vice-présidente du Conseil départemental, Hanifa Taguelmint, adjointe au maire de Marseille, et Olivia Fortin, vice-présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence.