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La conjoncture économique en Occitanie, entre résilience et rebond
Par Charline Poullain publié le 29 MARS 2021 à 09:09
L’Occitanie enregistre près de 10 % de régression de son activité. La baisse atteint même 30 % pour l’aéronautique. Présentation de l'enquête régionale réalisée par la CCI Occitanie et la Banque de France sur la conjecture économique en Occitanie.

Pas de reprise économique sans une vaccination de 50% de la population

" L’économie tourne à 95 % de son niveau normal, on est loin d’être dans les abîmes, assure Stéphane Latouche, directeur régional de la Banque de France, mais c’est vrai que des secteurs sont dans de très grosses difficultés ». Dont l’aéronautique et le tourisme.

« Le choc dans cette région est d’abord industriel. L’Occitanie, qui caracolait en tête comme la 2e région la plus créatrice d’emplois est désormais la plus impactée de France. »

Les prêts garantis par l’État s’y montent à 9 milliards d’euros. La baisse du chiffre d’affaires régional est de 9,8 %, assorti d’un recul de l’emploi de 3,4 %.

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La Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) d’Occitanie a réalisée une étude portant sur 5 318 entreprises, dont une majorité de moins de 20 salariés. Et ce, en complément de celle menée par la Banque de France Occitanie auprès de 2200 entreprises.

Sans surprise la plus grosse perte vient de l’industrie avec une baisse du CA de 14,3 % et de 4,8 % des postes. Des chiffres tirés par le bas par l’aéronautique où la chute atteint 30%, tandis que l’agro-alimentaire est quasi stable.

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La casse de l’hôtellerie-restauration

« La plus belle résilience », comme le formule Alain Di Crescenzo, président de la CCI Occitanie, vient des commerces, même s’il faut bien distinguer ceux qui ont pu rester ouverts des autres. Ici pas de baisse des effectifs mais une légère hausse (+0,8%), pour une perte de 4,7 % d’activité. « C’est grâce à la consommation des ménages », commente Alain Di Crescenzo.

« Et ça pourrait être pareil dans l’hôtellerie-restauration si c’était ouvert... ». C’est là « le pire des cas », avec une perte de plus de 35 % du CA et de 13 % des effectifs. « Ce secteur risque de mourir pour une grosse partie. Il y aura une belle reprise, mais certains risquent de disparaitre. » 66 % des entreprises se signalent en grande ou très grande difficulté.

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L’espoir des services

L’espoir vient des services, qui, s’ils ont connu une baisse de 8,3 % du CA, accusent une diminution d’effectifs de 0,1 % seulement. Parmi les plus impactés : les transports et les services aux particuliers. Ce sont également les services qui pourraient rebondir le plus rapidement.
Les prévisions de croissance générale sont de + 5,5 % en 2021. Une reprise très différente selon les secteurs et dépendante de la situation sanitaire, donc de la vaccination.

« Le défi est double, il faut revenir à une normalité économique, sortir des filets de protection publique, et préparer l’avenir, ce qui renvoie à un effort d’investissement » reprend Stéphane Latouche.

En la matière, les prêts garantis par l’État s’arrêteront au 30 juin. « Mais de nouveaux guichets sont en train de s’ouvrir : les prêts participatifs de 8 ans dont 4 de moratoire, les obligations relance (in fine à 8 ans) et près de 150 fonds d’investissement », rappelle le directeur régional de la Banque de France.

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