À l'occasion de la rentrée pour ses 500 premiers élèves, le lycée Élisabeth et Robert Badinter a été officiellement inauguré ce jeudi 10 septembre à Cournonterral. Porté à 100 % par la Région Occitanie pour un montant de 52 millions d'euros, cet établissement à énergie positive constitue le 11ᵉ lycée neuf construit par la collectivité depuis 2016. Entre émotion républicaine en présence d’Élisabeth Badinter, soutien au pouvoir d'achat des familles et adaptation face aux vagues de chaleur, retour sur un investissement majeur pour le territoire. Reportage vidéo.
À Cournonterral, la forte poussée démographique de l’ouest métropolitain trouve désormais une réponse concrète. Bâti pour faire face à la saturation des établissements environnants, le lycée Élisabeth et Robert Badinter marque une étape stratégique dans le maillage éducatif de l’Hérault, quatre ans après la livraison du lycée Simone Veil à Gignac.
Lors de cette journée inaugurale, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, était entourée de Kamel Chibli, vice-président délégué à l’éducation, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, Edith Gutierrez, maire de Cournonterral, ainsi que d’Élisabeth Badinter, venue saluer l’hommage rendu à son engagement et à celui de son époux.
Équité territoriale et qualité de vie : jusqu’à 1 h 20 de transport gagnée par jour
Conçu par le cabinet BPA Architecture, associé à Awa Architectes, l’établissement a été pensé pour rapprocher la jeunesse des zones rurales et périurbaines.
Carole Delga a insisté sur la nécessité de résorber les inégalités d’accès à l’enseignement : « Nous avons choisi de construire des lycées dans les territoires et au plus près des habitants, parce qu’il y a une vraie inégalité. Quand on est enfant dans une ville, on peut aller à pied à son lycée. Quand on est dans un territoire rural, ce n’est pas l’égalité des chances d’avoir trois quarts d’heure ou une heure de trajet le matin.
C’est pourquoi nous avons construit onze lycées en milieu rural, ici à Cournonterral. Certains enfants avaient l’année dernière 1 h 50 de trajet par jour ; ils vont désormais avoir 30 minutes. C’est 1 h 20 de plus pour se reposer, pour dormir. La question du sommeil est indispensable pour pouvoir apprendre dans de bonnes conditions, lire et s’amuser. Ce lycée va offrir une qualité de vie qui permettra à nos jeunes de choisir leur destin en femmes et hommes libres. »
Sobriété, géothermie et adaptation au réchauffement climatique
Implanté sur un parc de 6 hectares, l’établissement affiche une surface de 17 200 m². Il propose un cadre technique et environnemental de premier ordre :
- Capacité d’accueil : jusqu’à 1 400 lycéens et 130 agents à terme (500 élèves de seconde intégrés pour cette première rentrée).
- Équipements : internat de 50 places, restauration dimensionnée pour 1 000 pensionnaires, plateau sportif de 4 000 m² et parking de 50 places à proximité du complexe George Frêche et de la piscine Poséidon.
- Orientations pédagogiques : filières générales, technologiques et professionnelles tournées vers le numérique (Bac pro Systèmes Numériques, 2 BTS).
- Soutien aux familles : distribution gratuite de l’ordinateur portable individuel loRdi et des premiers équipements professionnels par la Région.
- Empreinte écologique : plus de 60 % de l’emprise réservée aux espaces verts (avec un objectif de 1 000 arbres plantés), entretien de 26,7 hectares de zones naturelles adjacentes, conception bioclimatique (orientation Nord-Sud, matériaux biosourcés, géothermie, 790 m² de panneaux photovoltaïques).
Face aux températures caniculaires observées début septembre (34 °C à Montpellier, 35 °C à Nîmes), Carole Delga a annoncé l’engagement de travaux d’urgence dans les lycées de la région pour adapter les salles de cours aux futurs pics de chaleur : « Nous allons devoir mener des travaux durant l’année scolaire sur certains lycées très exposés au sud ou à l’ouest.
Nous avons lancé une étude auprès des proviseurs pour prioriser les interventions : brise-soleil, ventilateurs de plafond ou climatisation ciblée. Nous continuerons aussi à végétaliser les cours. En revanche, je regrette que l’État ne dégage pas de crédits pour nous accompagner, car nous ne pourrons pas assumer seuls financièrement tous les travaux. »
Hommage et transmission : l’émotion d’Élisabeth Badinter
L’inauguration a été marquée par la présence d’Élisabeth Badinter. Très émue d’inaugurer cet établissement portant son nom et celui de son époux Robert Badinter, la philosophe a partagé son ressenti : « C’est quelque chose d’inouï. J’ai déjà inauguré des écoles, mais je n’avais jamais éprouvé ça. C’est tellement fort que mes jambes flageolent. C’est une chose extraordinaire qui m’arrive aujourd’hui. »
La figure du féminisme français a tenu à rappeler l’exigence intellectuelle nécessaire à la réussite de la jeunesse : « L’école est un grand cadeau, c’est l’institution la plus importante de toutes. Lire et apprendre à raisonner, c’est une grande défense intellectuelle. Je suis inquiète de voir que beaucoup de jeunes ne lisent plus de livres. Quand le niveau baisse, c’est le pays qui baisse et notre culture qui s’en va. Il faut refaire comprendre l’intérêt de l’effort et de l’apprentissage, car cela détermine toute une vie et la vie de la nation. »

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